UTMB Nice : retombées contrastées pour les villages de l'arrière-pays
UTMB Nice : l'arrière-pays entre fierté et interrogations

Le Nice Côte d'Azur by UTMB (Ultra trail du Mont-Blanc) a officiellement débuté ce jeudi 24 septembre 2026, avec plus de 6 000 coureurs attendus sur les cinq courses programmées jusqu'au week-end. Pour sa cinquième édition, l'événement innove avec une course nocturne d'une quarantaine de kilomètres, dont le départ sera donné vendredi 25 septembre à 19 heures depuis Levens. Environ 650 traileurs sont attendus sur cette épreuve inédite, tandis que les autres courses traverseront des dizaines de communes des vallées niçoises.

Une nouvelle course nocturne à Levens, entre enthousiasme et interrogations

Habituellement traversée par les parcours de l'UTMB, la commune de Levens accueille cette année le départ d'une épreuve pour la première fois. Le maire, Antoine Véran, reconnaît que l'événement constitue « une belle opération qui demande un gros investissement de la collectivité : on a dû faucher le pré, monter des barnums ». Il souligne que cela permet de faire connaître Levens, mais émet des réserves sur les retombées économiques directes pour sa commune.

« J'espère que ça va permettre de remplir les restaurants et la boulangerie. Mais je ne suis pas sûr que les sportifs dépensent beaucoup d'argent dans la commune », confie l'édile, qui regrette également un manque d'animations et de communication autour de ce départ. Il cite Éric Ciotti pour appuyer son point de vue : « il faut qu'on sache ce qu'on finance et ce que ça rapporte ».

Des parcours au cœur des villages pour faire découvrir le territoire

Les organisateurs, eux, mettent en avant la volonté de tracer les itinéraires à travers les centres-bourgs de l'arrière-pays. Saint-Étienne-de-Tinée, Peillon, Tourrette-Levens, Bairols, Tournefort ou encore Rimplas verront ainsi passer les traileurs. David Le Cudennec, chef de projet du Nice Côte d'Azur by UTMB, justifie ce choix : « La logistique prend un temps fou, c'est sûr. Mais si on ne faisait pas ça, le coureur de notre trail du 100M [l'épreuve reine] n'aurait pas vu la moitié de ce qu'est la Tinée ».

Cette approche prend tout son sens au regard de la provenance des participants : seuls 20 à 25 % des coureurs sont originaires des Alpes-Maritimes, les autres venant de 82 nationalités différentes, souvent dans le but de découvrir la région.

À Roubion, un « coup d'éclairage » qui profite aux commerces locaux

Dans la commune de Roubion, 120 habitants, l'UTMB est devenu un rendez-vous attendu. Depuis la création de l'épreuve, le village accueille le départ d'une des courses. Cette année, 1 200 personnes sont attendues sur la ligne de départ, « et au moins autant d'accompagnants », précise le maire Philip Bruno. Il se dit « content d'avoir ce coup d'éclairage et de pub sur notre commune, qui est aussi un support économique ».

Les deux commerces du village fonctionnent à plein régime à cette occasion. Déjà sollicités par les bénévoles qui balisent le parcours depuis plusieurs jours, ils recevront samedi 26 septembre la visite des coureurs, dont le départ est fixé à 8 heures. « Il y a toujours une longue file d'attente le matin pour boire le café, acheter des viennoiseries », témoigne le maire. Les commerces ont étendu leurs horaires d'ouverture, ouvrant dès 6 heures du matin le jour de la course. Les hébergements de la commune sont également pris d'assaut, réservés par les accompagnants « qui arrivent sur place a minima la veille du départ ».

Fort de ce succès, Roubion et les communes alentour envisagent de demander le label « Station de trail », afin de pérenniser cette dynamique et de structurer l'offre touristique autour de la pratique du trail.