La stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat opte pour la limitation de la viande
La stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), un document source de controverses attendu depuis plus de deux ans et publié mercredi 11 février, préconise « une limitation de la consommation de viande et de charcuterie », et non une réduction. Ce texte conjoint, élaboré par les ministères de l'agriculture, de la transition écologique et de la santé, définit les orientations gouvernementales pour une alimentation plus saine et moins émettrice de gaz à effet de serre d'ici à 2030.
Les objectifs nutritionnels et environnementaux de la Snanc
Parmi les objectifs affichés, la stratégie prône « une évolution progressive vers des régimes alimentaires conformes aux repères du PNNS », le programme national nutrition santé. Cela implique :
- Une augmentation de la consommation de fruits et légumes, de légumineuses, de fruits à coque et de céréales complètes.
- Une consommation suffisante et limitée de poisson et de produits laitiers.
- Une limitation de la consommation de viande et de charcuterie.
- Une réduction de la consommation de viande importée.
L'alimentation représente près d'un quart de l'empreinte carbone des Français, dont 61 % proviennent des produits d'origine animale, soulignant l'importance de ces mesures pour atteindre les objectifs climatiques.
Les débats sémantiques autour de la consommation de viande
Les négociations ont été particulièrement âpres sur la formulation concernant la consommation de viande. Le terme de « limitation » est souvent employé au ministère de l'agriculture, tandis que le mot « réduction » figurait dans le projet initial et était défendu par le ministère de la transition écologique. Ce remplacement a entraîné des blocages, notamment en septembre, lorsque Matignon souhaitait remplacer l'idée de réduction par « une consommation de viande équilibrée ».
La Snanc est issue de la convention citoyenne sur le climat et de la loi Climat et résilience de 2021. Elle aurait dû être présentée avant juillet 2023, mais a connu plusieurs péripéties, reflétant les tensions entre les différents acteurs gouvernementaux et les intérêts sectoriels.
Ce document, bien que tardif, marque une étape importante dans la politique alimentaire française, visant à concilier santé publique, enjeux environnementaux et réalités économiques, tout en naviguant entre les pressions des lobbies agricoles et les exigences écologiques.



