Le documentaire « Panser les peines », diffusé ce samedi 20 juin à 21h sur Public Sénat, suit Bastien, un homme de 49 ans arrêté pour usage de stupéfiants. Le parquet d’Amiens lui propose un accompagnement individuel renforcé (AIR) de six mois à un an, un dispositif expérimental visant à prévenir la récidive chez les délinquants souffrant d’addiction.
Un parcours de soins strict
Ce programme repose sur un suivi très rigoureux : traitement de substitution, analyses de sang et tests urinaires, consultations psychologiques, ainsi qu’une aide à l’insertion sociale et professionnelle. Bastien, qui consommait « cinq grammes d’héroïne et de cocaïne par jour en injection » depuis plus de vingt-cinq ans, tente de se reconstruire. Il fournit des efforts surhumains pour ne pas replonger. « Je trouve ça bien qu’on puisse nous laisser une deuxième chance », déclare-t-il, soulignant la confiance totale qu’il accorde à sa référente. Lorsque ses analyses deviennent enfin négatives, il ressent « une délivrance ». Conscient de sa fragilité, il n’hésite pas à se faire hospitaliser s’il sent un risque de rechute.
65 % des bénéficiaires sortis de l’addiction
Les éducateurs sociaux judiciaires constatent que de nombreux justiciables abandonnent au cinquième mois, en raison de l’investissement considérable exigé. Mais Bastien tient bon. Après six mois de suivi, le procureur, satisfait, décide de mettre fin à la mesure. « Vous avez rempli toutes les obligations et les objectifs qu’on s’était fixés. Vous allez être accompagné en dehors du cadre judiciaire, lui explique-t-il. Il n’y aura ni poursuite, ni amende, ni prison par rapport à l’usage de stupéfiants et ça ne sera pas sur votre casier judiciaire. Mais si on vous reprend dans ce type d’infraction, il n’y aura pas un deuxième accompagnement, ce sera un passage devant le juge. »
Des résultats probants
Cette alternative à l’incarcération fait ses preuves. En trois ans, près de 500 personnes ont intégré le dispositif AIR à Amiens. 65 % des bénéficiaires sont sortis de leur addiction et moins de 5 % sont en situation de récidive. Le coût de cette mesure est estimé à 7,50 euros par jour et par personne, contre 120 euros pour une journée de détention. Cette année, le programme a été déployé dans une vingtaine de tribunaux judiciaires en France.
◗ Samedi 20 juin à 21h00 sur Public Sénat. Documentaire d’Ophélie Giomataris (2026). 52 min. Disponible en replay sur le site de Public Sénat.



