Marco, le maraîcher qui cultive sans eau ni pesticides depuis 30 ans
Marco, maraîcher sans eau ni pesticides

« Il faut rendre ton légume intelligent. » Marc Mascetti, alias Marco, possède un sens de la formule à faire pâlir les professeurs de SVT. Sur le marché Monge, à Paris, le maraîcher sympa et pédagogue, dont la notoriété a explosé depuis la publication d’une vidéo du « Parisien » pendant la sécheresse de 2022, explique sa méthode à une clientèle avide de conseils.

Une méthode ancestrale

« L’essentiel, c’est le labour : il faut retourner la terre. La mauvaise herbe, c’est de l’engrais qu’on enfouit dans le sol pour faire travailler les organismes vivants. Il faut obliger le légume à aller chercher en profondeur : si tu commences à lui donner à boire et à manger en surface, tout le système racinaire remonte vers le ciel. Et là, si une sécheresse arrive, il crame… S’il se développe vers le bas, ta plante sera heureuse et pourra résister à tout. »

Depuis plus de trente ans, ces techniques de culture sans irrigation, engrais ni pesticides, héritées de son grand-père, font leurs preuves sur le plateau de Marcoussis pourtant aride. « De l’eau, il n’y en a jamais eu ici et il n’y en aura jamais. » Marco a creusé et n’en a pas trouvé. « Les anciens ne se trompaient pas quand ils disaient qu’un binage vaut deux arrosages. »

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Un travail acharné

De février, et les premières plantations de salades, à octobre, avec la dernière récolte de courgettes, Marco et son unique employé se démènent sur les 20 hectares de champs sans recours aux produits phytosanitaires : « La tête de mort sur l’étiquette, ça veut dire que c’est du poison… »

Le maraîcher préfère la méthode de ses aïeuls : une agriculture intelligente pratiquée les mains dans la terre, faite d’observation et de remises en question permanentes. « C’est plus facile d’irriguer un légume que de faire notre boulot », lâche-t-il en souriant.

Difficile de deviner face à son énergie et son enthousiasme que le mildiou vient de ravager ses tomates et qu’un incendie a détruit son précieux hangar en 2022. Telle la courgette qui va chercher plus profond pour pallier le manque d’eau, Marco ne lâche jamais. Le soir avant le dîner, avec Arlette, son épouse, chargée de relancer les compagnies d’assurances, il s’amuse à chasser le doryphore. Leur record ? 42 sur un même pied d’aubergines : « Ça fait du monde à tuer ! »

◗ Lundi 18 mai à 21h55 sur France 5. Documentaire de David Unger (2024). 52 min. (Disponible à la demande sur France.tv).

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