Ce week-end des 9 et 10 mai, des milliers de personnes se sont donné rendez-vous à la 43e édition des Floralies de Saint-Jean-de-Côle, un des plus beaux villages du Périgord. Colette, Nathalie et Valérie sont venues en famille depuis la Corrèze. « J'avais entendu parler des Floralies lorsque j'avais visité le village en automne, raconte la seconde. Comme il m'avait beaucoup plu, je n'ai pas hésité à revenir. » Ce samedi 9 mai, elle est donc revenue à Saint-Jean-de-Côle (Dordogne) avec sa mère et sa sœur.
Un cadre exceptionnel
Chaque année depuis plus de quarante ans, cette commune estampillée Plus Beau Village de France pour son remarquable patrimoine architectural se transforme en gigantesque marché aux fleurs. « Sans doute le plus grand de Dordogne », vante son maire, Thierry de Beaumont-Beynac, propriétaire du formidable château de La Marthonie qui fait face à l'église Saint-Jean-Baptiste, édifice du XIIe siècle.
Le paradis des fleurs
Les trois femmes sont parties de Corrèze sans trop savoir ce qu'elles allaient trouver. « C'est merveilleux », « c'est magnifique » s'extasient-elles au milieu de rangées de rosiers. Alors que son jardin est déjà richement fleuri, Nathalie a craqué pour un rosier buisson à petites fleurs roses. « Ça me change car j'ai déjà beaucoup de rosiers, mais à grosses fleurs », sourit-elle.
Les Floralies ne se résument pas à la sainte trinité rose, hortensia, géranium. Ce stand qui trône à l'ombre du château est sans doute l'épicentre des Floralies. Il est tenu par Philippe Marro, pépiniériste à Castets-en-Dorthe (Gironde) spécialisé dans les roses. Depuis le temps qu'il cultive la reine des fleurs, il a pu observer l'évolution des modes. « Aujourd'hui, on ne me demande plus telle ou telle variété. Les gens veulent des rosiers qui résistent aux maladies, à la sécheresse - ce qui n'existe pas pour un rosier -, qui sont remontants, c'est-à-dire qu'ils fleurissent tout le temps, et qui sont parfumés. » Une perle rare qu'il décline sous forme de rosiers buissons, paysagers, grimpants, lianes, tiges, quarts de tiges, demi-tiges, pleureurs…
Mais Les Floralies ne se résument pas à cela. La soixantaine d'horticulteurs présente aussi des cactus, des succulentes ou encore des légumes. Ce qui n'a pas échappé à ces habitants de Villebois-Lavalette. Prévoyants, ils sont venus de Charente munis d'une brouette, de deux diables et de cageots. « On s'est organisé car les autres années, on avait pas mal galéré à faire des allers-retours jusqu'à la voiture. » James et une voisine ont surtout acheté des plants de fruits et légumes. Leur liste et un stylo à la main, ils cochent : framboises, melons, pastèques, courgettes, aubergines, poivrons, tomates… « Ce matin, on fait l'utile, dit James. On cassera la graine à midi et on reviendra cet après-midi pour flâner un peu plus. Peut-être qu'on prendra des fleurs. De toute façon, c'est impossible de repartir les mains vides. »
Les clés du succès
En tout, « 7 000 à 8 000 personnes » vont arpenter les rues du village durant le week-end, jauge le maire Thierry de Beaumont-Beynac. Créé au début des années 1980, « avec ma mère Christiane », glisse-t-il, le rendez-vous a rapidement trouvé son public. « Soyons un peu chauvins : la beauté du village n'y est pas pour rien. Cela a coïncidé avec la prise de conscience de l'environnement, de la nature. Et puis, cette fois-ci sans être chauvin, les Anglais et leur science du jardin ont aussi participé au succès. Aujourd'hui, les gens y retrouvent la beauté qui manque au marasme dans lequel nous plonge parfois la lecture des journaux. »
Le modèle est éprouvé et ne peut guère pousser les murs sans craindre la saturation. « Ce n'est pas le but, prévient Thierry de Beaumont-Beynac. Mais nous parvenons à ce résultat grâce à la mobilisation et au bénévolat de tous durant toute l'année. »
Les Floralies se poursuivent ce dimanche 10 mai. Entrée : 4 euros, gratuit pour les enfants et les personnes qui portent un prénom de fleur. Restauration sur place.



