Co-Naissance : ré-enchanter le lien humain
Le Club des D.A. organise le concours « Futurs Désirables », un espace d’expression et d’innovation, ouvert à tous les esprits créatifs. L’ambition est de faire émerger des projets proposant une vision positive et inspirante de l’avenir, et d’engager tous les métiers créatifs dans la construction de nouveaux imaginaires.
Ce contenu est proposé par LE CLUB DES D.A. L'équipe éditoriale du Parisien / Aujourd'hui en France n'a pas participé à sa rédaction. Photo principale : photo générée par l’IA.
La 2e édition du concours
La 2e édition du concours Futurs Désirables avait pour thème “Vivre ensemble en 2035”. C’est dans ce contexte que l’agence Rébellion a imaginé Co-Naissance : un dispositif fictif reliant deux enfants nés à la même minute, où qu’ils soient. Cette réponse a séduit le jury et a obtenu le 1er prix. Elle permet de rappeler que notre survie dépend de la capacité à nous sentir liés à l’autre, même lointain.
Renouer le fil humain
Mantes-la-Jolie, 1er janvier 2035. Léon pousse son premier cri. Au même instant, à Kudasai, au Japon, Yuki naît sur un autre fuseau horaire. Ils ne partagent rien : ni langue, ni culture, ni histoire familiale. Pourtant, un lien. Comment réapprendre à faire humanité dans un monde qui se disperse ?
L’agence Rébellion a imaginé un dispositif qui ne vient ni des institutions ni des algorithmes, mais du premier instant de la vie : lier deux enfants avant même que les frontières ne s’érigent autour d’eux.
L’objectif de ce projet fictif serait alors que chaque nouveau-né soit lié à un autre enfant du monde, né exactement à la même minute. Ce hasard organisé par le biais d’une IA deviendrait un point de départ commun, un fil invisible jeté par-dessus les continents.
Pour matérialiser ce lien inaugural, chaque binôme recevrait un bracelet indiquant la minute partagée, un prénom venu d’ailleurs, et une carte scellée comme un serment d’origine. Des objets certes modestes, mais capables de traverser les années : dessins envoyés, lettres maladroites, questions adressées à l’inconnu devenu familier.
Un lien essentiel pour la société
Les crises contemporaines le montrent : une société s’effondre quand elle cesse d’être touchée par le sort des autres. Quand un inconnu cesse d’être un semblable, il devient une silhouette que rien ne nous oblige à comprendre ni à protéger. Pourtant, les sciences humaines convergent : la capacité à être affecté par l’autre, même distant, est la clé de toute coopération durable.
Le dispositif « Co-Naissance » écrit cela, sans didactisme, sans grands slogans publicitaires.
Ainsi, Léon et Yuki grandissent chacun de leur côté, trébuchent sur leurs différences, apprennent à les apprivoiser. À vingt ans, leur rencontre n’a rien d’héroïque : pas d’embrassades spectaculaires, seulement deux jeunes adultes conscients que l’histoire de l’un a élargi le regard de l’autre. Et parfois, c’est assez pour que le monde tienne un peu mieux debout.
Si on souhaite pouvoir “vivre ensemble en 2035”, il faut alors réapprendre à se sentir lié à la vie des autres, même à l’autre bout de la planète.
L’avenir commence peut-être par un bracelet, un prénom étranger, et un enfant qui demande : « Maman, c’est qui Yuki ? »
Retrouvez l’intégralité du projet sur les archives du Club des D.A.



