Amour, gloire et beauté : 39 ans de succès et un septième tournage à Monaco
Amour, gloire et beauté fête 39 ans avec un tournage à Monaco

Retour, gloire et succès pour cette institution télévisuelle qui fête ses 39 ans ! Amour, gloire et beauté revient à Monaco pour un septième tournage en principauté avec cinq de ses acteurs phares : Katherine Kelly Lang, Thorsten Kaye, Jacqueline MacInnes Wood, Tanner Novlan et Kimberlin Brown. Ce tournage coïncide avec la 65e édition du Festival de Télévision de Monte-Carlo, où le soap le plus regardé au monde – 25 millions de téléspectateurs par semaine dans plus de 50 pays – est venu en terrain conquis.

Son showrunner, Bradley Bell, loin de se reposer sur ses lauriers, multiplie les chantiers : lancement de la plateforme AGBTV.com donnant accès à plus de 9 000 épisodes, lancement outre-Atlantique en août de Hollywood Starlet, une micro-série de 44 épisodes de 90 secondes chacun, produite avec son fils Oliver pour la plateforme aTwist. Rencontre sur le Rocher avec le maître du soap.

Des souvenirs d'enfance

Vous avez littéralement grandi dans le monde des soaps : votre père William J. Bell, le créateur de Amour, gloire et beauté, vous emmenait aux réunions d'écriture quand vous étiez encore au lycée. Quels souvenirs en gardez-vous ?

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J'étais fasciné ! Et je travaillais très étroitement avec mon père – c'était une joie immense parce qu'on faisait tout ensemble. On allait au bureau ensemble, on travaillait toute la journée, on rentrait, on regardait les épisodes, et on recommençait le lendemain. C'était formidable de passer ce temps avec lui. Mon père nous a quittés il y a longtemps. Et maintenant j'ai retrouvé ce sentiment avec mon fils, Oliver.

C'était une évidence de continuer à travailler en famille ?

Ça s'est fait naturellement. Oliver nous a rejoint en janvier et vient de terminer son premier microdrama en format vertical, qui s'intitule Hollywood Starlet. C'est en cours de montage. Il a fait ça en un temps record : il a déjà produit 44 épisodes et prépare la saison 2 !

Le secret de longévité

De nombreux soaps américains ont disparu des écrans. C'est quoi le secret de longévité d'Amour, gloire et beauté ?

Je crois que le secret, c'est l'engagement. Il ne faut pas se contenter d'une série qui n'est pas à la hauteur de ce qu'elle devrait être. On travaille dur pour que le drame soit bon à tous les niveaux – que ça sonne juste, que ça soit beau visuellement, que la distribution soit forte. Quand les autres séries réduisaient leurs budgets, on a fait le contraire : on a investi davantage. On a agrandi nos plateaux. On avait l'intuition qu'on pourrait traverser cette vague d'annulations. Et on est arrivés de l'autre côté. On pensait que le streaming serait notre fin. Le streaming est finalement devenu un atout. Maintenant, vous pouvez regarder tous les épisodes sur BBTV aux États-Unis. Vous pouvez en enchaîner cinq d'affilée un vendredi. Je crois qu'on est sur une dynamique montante.

Une nouvelle ère

Vous parlez d'une « nouvelle ère » depuis le déménagement aux Sunset Las Palmas Studios. Concrètement, qu'est-ce qui change dans la façon de raconter les histoires ?

La première chose qu'on a faite, c'est de construire un grand plateau. Avant, on montait un showroom pour les défilés de mode, puis on le démontait. Maintenant, on a un beau grand showroom permanent avec un podium et un catwalk. Ce qui nous permet de montrer beaucoup plus de créations, et d'embrasser la mode dans notre série comme elle le mérite. Et on a retrouvé nos deux maisons de couture concurrentes, avant c'était Spectra contre Forrester, maintenant c'est Logan contre Forrester – Katie Logan a lancé sa propre maison. C'est vraiment excitant de revenir aux racines de la série !

Si votre père revenait aujourd'hui, reconnaîtrait-il la série et trouvez-vous que c'est une bonne chose ?

Je pense qu'il serait tellement heureux qu'on soit restés fidèles à l'essence de la série. Il serait ravi de voir que John McCook est toujours là, que Katherine Kelly Lang est toujours là. Que la série parle encore des Forrester et des Logan. Qu'on continue à explorer ces familles en profondeur. Beaucoup des décors sont encore les mêmes. Je crois qu'il serait très heureux.

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Des sujets de société

Les soaps ont toujours reflété la société. Quels sont les sujets d'aujourd'hui que vous voulez explorer ?

En ce moment, je travaille surtout sur la mode. Mais je suis toujours à l'affût – quand je conduis en ville ou que je lis quelque chose – d'un sujet de société dans lequel j'aimerais plonger. Et j'espère qu'on peut mettre en lumière quelque chose, divertir les téléspectateurs tout en les engageant sur ce qui est important pour l'humanité.

Vous avez récemment intégré une intrigue sur les deepfakes…

Ça arrive dans la vraie vie – et c'est malheureusement très courant que des gens se fassent faire chanter par des deepfakes. C'est arrivé à une amie, Paris Hilton. Et elle s'est vraiment battue pour que les auteurs de ces actes soient tenus responsables. Alors j'ai pensé qu'en faisant traverser ça à un personnage, on pourrait éclairer ce sujet et ce qui se passe en coulisses.

Et en coulisses, utilisez-vous déjà des outils d'IA pour l'écriture, le développement des intrigues, la production ? Où tracez-vous la ligne entre outil utile et menace pour la créativité ?

J'ai expérimenté l'IA. Et pour moi, aussi impressionnante qu'elle soit, en tant que créatif, elle me donne envie d'aller encore plus loin hors des sentiers battus et de trouver des retournements de situation que l'IA ne pourrait même pas imaginer. Je ne l'utilise quasiment pas.

Des plateformes comme Vigloo ont produit des microdramas entièrement avec l'IA en six semaines. Ça vous fascine, ça vous inquiète – ou les deux ?

Le microdrama qu'on a produit, nous, c'est de l'artisanat traditionnel. Ça rend très bien, mais sans IA. J'en ai vu, des productions IA. Et on voit la différence – il y a quelque chose dans l'éclat des personnages, dans les décors, dans certains détails… Pour moi, ça fait gadget. Et quand on parle de drames humains, on n'a pas besoin de tout ce clinquant.

Microdramas et avenir

Vous avez passé 39 ans à maîtriser le cliffhanger en vingt et une minutes. Maintenant vous travaillez avec des épisodes d'une à trois minutes, c'est libérateur ou frustrant ?

Je trouve ça fantastique ! Je suis content que Amour, gloire et beauté dure une demi-heure et pas une heure – je pense que c'est la bonne durée. Le soir, je navigue dans ces microdramas et j'en apprécie vraiment beaucoup. Certains sont moins bons, mais comme format, c'est excellent.

Hollywood Starlet a été conçu pour le mobile, en format vertical. Pensez-vous que ce format peut coexister avec le soap traditionnel – ou qu'il en remplacera une partie dans dix ans ?

On a tous nos téléphones avec nous. Je pense que le drama vertical a un grand avenir. Et les histoires sont similaires – on n'a pas le temps d'aller vraiment en profondeur, mais ça peut susciter des émotions, et ça peut être une belle façon de s'évader.

Il y a de plus en plus de développement de feuilletons quotidiens en France, en connaissez-vous et qu'en pensez-vous ?

J'adore le style et l'humour. J'ai vu Plus Belle la Vie que je trouve vraiment très bien. J'ai toujours été fasciné par la culture française, le cinéma français et la télévision française. À un moment, j'aimerais vraiment produire quelque chose ici, en France.