Aliments ultratransformés : comment ils ont envahi nos assiettes
Aliments ultratransformés : l'invasion de nos assiettes

Aliments ultratransformés : comment ils ont envahi nos assiettes

Nuggets extra-croustillants, sodas avec ou sans sucre, céréales bariolées, pains de mie ultra-moelleux ou plats préparés… En quelques décennies, les aliments ultratransformés (AUT) ont envahi nos assiettes. Aujourd'hui en France, plus de 60 % des denrées emballées vendues dans les rayons des supermarchés entrent dans cette catégorie. Ces produits, pensés pour être « rentables, standardisés et rapides à consommer », selon Audrey Morice, chargée de campagne chez Foodwatch, représentent désormais 30 à 35 % des calories ingérées par les adultes français et près de la moitié des apports caloriques quotidiens chez les enfants. Un chiffre « vertigineux » qui a poussé son association, ainsi que France Assos Santé et Yuka, à déposer une pétition le 29 avril pour réclamer notamment l'encadrement de la publicité de ces AUT. En quelques jours, cette dernière a recueilli plus de 117 000 signatures.

Un désastre sanitaire documenté

Mais de quoi parle-t-on exactement ? Pas des simples conserves de légumes ou des yaourts nature, qui relèvent d'une transformation culinaire simple. Selon la classification scientifique internationale NOVA, un aliment ultratransformé est un produit de l'industrie élaboré à partir de substances extraites ou dérivées d'aliments, avec peu ou pas d'aliments entiers. Ces produits contiennent souvent des additifs, des conservateurs, des édulcorants, des colorants et des arômes artificiels. Les études scientifiques montrent un lien entre la consommation élevée d'AUT et l'augmentation des risques de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2, d'obésité et de certains cancers. Pourtant, malgré ce constat sanitaire alarmant, ces denrées ne font l'objet d'aucun encadrement spécifique en France.

Le rôle des lobbies et du marketing

Les industriels de l'agroalimentaire investissent massivement dans le marketing pour promouvoir ces produits, notamment auprès des enfants. Les publicités télévisées, les emballages colorés et les personnages de dessins animés attirent les jeunes consommateurs. Parallèlement, les lobbies de l'industrie font pression pour éviter toute régulation. Selon Foodwatch, les dépenses publicitaires pour les AUT sont disproportionnées par rapport à celles pour les aliments sains. La pétition déposée vise à interdire la publicité pour ces produits destinée aux mineurs, à l'instar de ce qui se fait pour le tabac ou l'alcool.

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Un appel à la régulation

Les associations demandent également un étiquetage plus clair, comme l'ajout d'un logo spécifique pour les AUT, similaire au Nutri-Score. Elles réclament aussi une fiscalité dissuasive pour les produits les plus transformés. Le gouvernement français, bien que conscient du problème, tarde à agir. Les experts soulignent que l'encadrement des AUT est un enjeu de santé publique majeur, nécessitant une volonté politique forte face aux intérêts économiques.

En attendant, les consommateurs peuvent limiter leur exposition en privilégiant les aliments bruts ou peu transformés, en lisant les étiquettes et en cuisinant maison. Mais sans régulation, le changement reste individuel. La pétition, qui continue de recueillir des signatures, espère faire bouger les lignes.

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