Pierre Chesnot, agriculteur biologique, est un survivant d'un cancer lié aux pesticides. Il a dû traverser l'épreuve du lymphome, une maladie officiellement reliée à son exposition passée aux pesticides, lorsqu'il travaillait sur la ferme de son père, puis en tant qu'ouvrier agricole.
Avec sincérité, il partage les bouleversements provoqués par le cancer, mais aussi la force qu'il a trouvée pour continuer à avancer. Au-delà de son histoire personnelle, Pierre porte un message engagé : il appelle à repenser notre modèle agricole, à mieux protéger les agriculteurs et à accompagner la transition vers des pratiques plus durables.
Un parcours marqué par l'exposition aux pesticides
Pierre Chesnot a grandi sur la ferme de son père, où il a été exposé aux pesticides dès son plus jeune âge. Plus tard, en tant qu'ouvrier agricole, il a continué à manipuler ces produits chimiques. C'est en 2020 que le diagnostic tombe : un lymphome, un cancer du système lymphatique. Les études épidémiologiques établissent un lien clair entre l'exposition aux pesticides et ce type de cancer, selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
Pierre a dû subir des traitements lourds, dont la chimiothérapie. Aujourd'hui en rémission, il témoigne pour sensibiliser le public et les pouvoirs publics. « Je ne veux pas que d'autres agriculteurs vivent ce que j'ai vécu », déclare-t-il. Il insiste sur la nécessité de mieux informer les travailleurs agricoles des risques et de les protéger par des équipements adaptés.
Un appel à repenser le modèle agricole
Pour Pierre Chesnot, son histoire personnelle est indissociable d'un combat plus large. Il milite pour une agriculture respectueuse du vivant, fondée sur la préservation des sols, de la biodiversité et de la santé. Il est convaincu que la transition vers des pratiques durables est urgente. « Nous devons réduire l'usage des pesticides et accompagner les agriculteurs dans cette transition », affirme-t-il.
Il rappelle que la France est l'un des plus gros consommateurs de pesticides en Europe, avec environ 70 000 tonnes de substances actives vendues chaque année, selon les données du ministère de l'Agriculture. Cette situation a des conséquences sur la santé des agriculteurs, mais aussi sur celle des riverains et des consommateurs. Pierre Chesnot appelle donc à une prise de conscience collective et à des mesures concrètes, comme le développement de l'agriculture biologique et la recherche d'alternatives aux pesticides chimiques.
Un témoignage diffusé dans l'émission « Story »
Le récit de Pierre Chesnot est diffusé dans l'émission « Story », tous les lundis à 18h30 sur 20minutes.tv. Cette série documentaire donne la parole à des personnes ayant vécu des expériences marquantes. Dans cet épisode, Pierre revient sur son parcours, son attachement à la terre et les valeurs qui guident son métier d'agriculteur biologique.
Il évoque également les difficultés économiques des agriculteurs bio, souvent confrontés à des prix de vente insuffisants et à une concurrence déloyale. Malgré tout, il reste optimiste et croit en la capacité du secteur à évoluer. « L'agriculture biologique est une solution viable, mais elle doit être soutenue par des politiques publiques ambitieuses », conclut-il.



