Un maraîcher bio en traction animale à Blésignac
Installé à la Ferme aux salamandres à Blésignac, Patrick Cokelaer, maraîcher bio de 41 ans, pratique la traction animale depuis douze ans avec sa jument Chaveta. Sur 70 ares, il cultive depuis dix-neuf ans des légumes et fruits certifiés agriculture biologique, dans une démarche respectueuse de l'environnement.
Un mode de vie hors du temps
À la Ferme aux salamandres règne une ambiance hors du temps, loin de l'agitation mondiale. Par conviction profonde, Patrick Cokelaer et sa famille vivent bien sans aucun branchement à l'électricité ni à l'eau courante. Cette simplicité volontaire s'inscrit dans une philosophie de vie au plus près de la nature.
Tournées et ateliers pédagogiques
Trois fois par semaine, Patrick Cokelaer prend le volant de son camion-magasin pour sillonner les routes de l'Entre-deux-Mers. Comme les épiciers d'autrefois, il annonce sa présence par un coup de klaxon pour sa clientèle fidèle. Mais son engagement va bien au-delà de la vente de produits bio.
En tant que médiateur animal, il intervient régulièrement dans des maisons de retraite, des centres de loisirs et mène des actions de sensibilisation à l'environnement. Il anime notamment un club nature au sein de l'ALSH de Nérigean dans le cadre du dispositif Fleurs à ch'val, cofinancé par le Département et la Communauté d'agglomération du Libournais.
Transmettre des valeurs écologiques
Dans le cadre d'un appel à projets sur l'année scolaire, Patrick Cokelaer dirige quinze séances pédagogiques variées. Les enfants participent à la fabrication de cabanes en osier tressé, de nids d'oiseaux avec des calebasses, ou encore de nichoirs à chauves-souris pour la protection des espèces. Ils plantent également des spirales aromatiques et réalisent des ateliers culinaires sans recours à aucune énergie.
Pédagogue passionné, le maraîcher explique : « J'entends transmettre mes valeurs respectueuses et semer des graines dans l'esprit des enfants. » Cette approche éducative vise à éveiller les consciences dès le plus jeune âge aux enjeux environnementaux.
Une complicité unique avec sa jument
La réputation de Patrick Cokelaer tient en grande partie à la complicité exceptionnelle qu'il a nouée avec sa jument de 19 ans, prénommée Chaveta. Ce nom rend hommage à Jéromine Pasteur, l'exploratrice française connue pour son engagement en faveur des peuples autochtones.
Depuis douze ans, dans le sillage de son cheval de trait, Patrick Cokelaer s'adonne à la traction animale, une technique qu'il a apprise sur le tas. Il confie : « Pour moi, c'était une évidence à un moment où j'ai voulu aller plus loin dans mes convictions en limitant mon impact sur l'environnement. »
Son propos, empreint d'émotion et de poésie, révèle sa profonde connexion avec cette pratique : « Entendre le bruit de la terre qui s'ouvre ainsi que le souffle du cheval, les odeurs de cuir qui émanent, tout me plaît. » Cette relation symbiotique avec Chaveta incarne parfaitement son engagement pour une agriculture douce et respectueuse du vivant.



