La FNAB conteste le rapport de l'Anses sur le cadmium et défend les pratiques de l'agriculture biologique
FNAB conteste rapport Anses cadmium, défend agriculture bio

La Fédération de l'agriculture biologique s'oppose aux conclusions de l'agence sanitaire sur le cadmium

La Fédération nationale de l'agriculture biologique (FNAB) a officiellement demandé à l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) de compléter et de réviser son rapport sur le cadmium. L'organisation professionnelle reproche à l'agence sanitaire des erreurs factuelles et des approximations préjudiciables concernant le rôle et les pratiques spécifiques de l'agriculture biologique française.

Un désaccord fondamental sur l'évaluation des risques

Dans un rapport publié le 25 mars sur l'imprégnation de la population française au cadmium, l'Anses avait identifié l'alimentation comme principale source d'exposition à ce métal lourd, y compris pour les produits issus de l'agriculture biologique. L'agence recommandait notamment d'agir sur les sols agricoles et les engrais minéraux phosphatés pour réduire cette contamination.

« Si nous partageons pleinement votre objectif de protection de la santé publique face à ce contaminant reconnu cancérogène et toxique, nous tenons à vous faire part de notre étonnement quant à certaines erreurs et imprécisions concernant l'agriculture biologique », ont écrit Olivier Chaloche et Loïc Madeline, coprésidents de la FNAB, dans une lettre adressée au directeur général par intérim de l'Anses.

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Des pratiques déjà conformes aux recommandations

Les représentants de la filière bio contestent particulièrement l'affirmation selon laquelle l'agriculture biologique n'apporterait pas de plus-value par rapport à l'agriculture conventionnelle concernant l'exposition au cadmium. « Cette présentation est factuellement inexacte et porte un préjudice important à notre filière », insistent-ils.

La FNAB souligne que le secteur biologique a déjà mis en œuvre plusieurs des mesures préconisées par l'Anses :

  • La non-utilisation systématique de phosphates miniers
  • Le recours privilégié aux matières organiques
  • L'application de seuils réglementaires plus restrictifs

« Nous regrettons que cette communication puisse laisser croire au consommateur que le mode de production biologique n'offre pas de garanties supérieures », ajoutent les coprésidents.

Des normes plus strictes et des pratiques documentées

La fédération précise que le règlement européen de l'agriculture biologique impose effectivement des seuils limites plus restrictifs que l'agriculture conventionnelle :

  1. 60 mg/kg pour les phosphates miniers (contre 90 mg/kg en conventionnel)
  2. 0,7 mg/kg pour les composts de biodéchets (contre 3 mg/kg en conventionnel)

Dans la pratique agricole, « le recours aux phosphates miniers est marginal, voire inexistant en bio », affirme la FNAB, s'appuyant sur l'étude PhosphoBio menée entre 2021 et 2024 sous l'égide des pouvoirs publics et des chambres d'agriculture.

« Les agriculteurs bio privilégient les engrais organiques et les effluents d'élevage, favorisant la matière organique qui, d'ailleurs, peut permettre de piéger le cadmium et limiter son absorption par les plantes », détaille la lettre.

Une demande de clarification scientifique

La FNAB interpelle également l'Anses sur son traitement des études scientifiques disponibles : « Nous avons connaissance de plusieurs études, certaines citées dans l'expertise, qui concluent à une moindre imprégnation des productions bio au cadmium. L'agence n'a pas estimé que ces études permettaient de conclure à un avantage du bio par rapport au conventionnel. Nous aimerions comprendre pour quelles raisons ».

Cette demande de révision intervient dans un contexte où la confiance des consommateurs dans les produits biologiques représente un enjeu économique majeur pour la filière, qui représente désormais plus de 6% de la surface agricole utile en France.

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