« Bordeaux, le Jus » : le vin bio et équitable qui révolutionne le vignoble bordelais
« Bordeaux, le Jus » : un vin bio et équitable pour sauver les vignerons

« Bordeaux, le Jus » : une réponse audacieuse à la crise du vignoble bordelais

Face à une situation alarmante dans le vignoble bordelais, où des milliers d'hectares de vignes ont été arrachés depuis 2024 en raison de prix trop bas et d'une rémunération insuffisante des producteurs, le consultant international Stéphane Derenoncourt, basé à Bordeaux, a décidé de prendre les choses en main. Sa création, « Bordeaux, le Jus », se présente comme un vin manifeste, bio, accessible et éthique, vendu à 11 euros la bouteille. Cette initiative vise à renverser les codes traditionnels du marché du vin tout en garantissant une juste rémunération aux vignerons, une démarche cruciale dans un contexte où le public s'est habitué à des prix dérisoires pour les denrées alimentaires, y compris le vin.

Un vin anticrise pour désacraliser la consommation

Après avoir pris sa retraite et transmis son agence de conseil, Stéphane Derenoncourt a lancé les cuvées « Le Jus », qualifiées de bordeaux anticrise. Ce vin bio, sans pesticides de synthèse, cherche à « désacraliser » la consommation de vin en offrant un produit léger, frais, acidulé et digest, inspiré des vins de Bordeaux d'avant l'ère Robert Parker. L'objectif est de revenir à l'essence du terroir, sans se focaliser sur le millésime ou imiter les grands crus avec des goûts artificiels de bois. Le prix, compris entre 10 et 11 euros, reste abordable tout en assurant une qualité supérieure et un respect de l'environnement.

Décomplexer les consommateurs et soutenir les producteurs

Stéphane Derenoncourt insiste sur la nécessité de décomplexer les consommateurs, notamment les jeunes qui évitent le vin par manque de connaissances. Avec « Le Jus », nul besoin de mode d'emploi : l'étiquette simple, en toile de jute et kraft avec la mention Bdx, rompt avec l'imagerie classique des châteaux et des qualificatifs élogieux. Derrière cette approche accessible, se cache un engagement fort envers les vignerons. Les producteurs, comme Christophe Québec à Rauzan pour le rouge et Alain Tourenne au Château Beynat pour le blanc, sont rémunérés entre 1 500 et 1 800 euros le tonneau, bien au-dessus des 600 euros souvent pratiqués par les négociants, une pratique que Derenoncourt qualifie de « tortionnaire ».

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Un succès croissant et une alternative viable

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : en 2023, 15 000 bouteilles de rouge ont été produites, et en 2024, ce nombre a bondi à 55 000. Un jus blanc, à base de sémillon, sauvignon blanc et sauvignon gris, a également été commercialisé avec 8 000 bouteilles initiales. Ces vins incarnent une proximité retrouvée entre producteur et consommateur, tout en offrant une alternative viable à l'arrachage des vignes. Stéphane Derenoncourt résume ainsi sa philosophie : mieux vaut produire un « jus » équitable que de voir disparaître le patrimoine viticole bordelais. Cette initiative montre qu'il est possible de concilier qualité, accessibilité et justice sociale dans un secteur en crise.

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