Marine Tondelier crée un conseil scientifique pour la campagne présidentielle
La cheffe des écologistes Marine Tondelier a officiellement lancé mardi son conseil scientifique de campagne, une instance présidée par le mathématicien Cédric Villani. Cette structure aura pour mission principale d'évaluer les propositions portées par la candidate pour l'élection présidentielle, tout en observant et quantifiant les reculs environnementaux constatés durant cette période électorale.
Une équipe d'experts pluridisciplinaire
Le conseil scientifique sera composé d'une dizaine de personnalités reconnues dans leurs domaines respectifs. Parmi les membres déjà identifiés figurent Yamina Saheb, spécialiste des politiques énergétiques et des questions de sobriété, ainsi que Pierre-Henri Gouyon, biologiste éminent spécialisé dans les questions de biodiversité. Cédric Villani, ancien député macroniste qui collabore depuis six ans avec les écologistes, a présenté cette équipe lors d'une conférence de presse.
Marine Tondelier a cependant précisé que plusieurs autres experts ne pourront s'afficher publiquement, souvent pour des raisons statutaires liées à leur emploi. Ces personnalités apporteront leur expertise dans des domaines aussi variés que les questions industrielles, le climat, la pollution, l'eau, la santé publique et l'évaluation des politiques environnementales.
Remettre la science au cœur du débat politique
« On va remettre du fond dans la campagne, on va essayer d'intéresser les Français sur le fond », a insisté Marine Tondelier, candidate à la primaire de la gauche et des écologistes prévue le 11 octobre. La candidate écologiste souhaite ainsi apporter une dimension scientifique rigoureuse à son programme et au débat politique en général.
Face aux « attaques politiques sans précédent contre les sciences », évoquant notamment les positions de l'ancien président américain Donald Trump, ce conseil scientifique va mettre en place un observatoire des reculs environnementaux. Cédric Villani a souligné que ces reculs sont « très nombreux » et nécessitent une documentation précise.
Des exemples concrets de reculs environnementaux
La députée Léa Balage El Mariky, porte-parole de la campagne présidentielle de Marine Tondelier, a déploré que la science soit de plus en plus « réécrite et falsifiée ». Elle a cité plusieurs exemples emblématiques :
- Le détricotage du dispositif « zéro artificialisation nette » (ZAN) qui visait à lutter contre l'artificialisation des sols
- La loi Duplomb permettant de réintroduire à titre dérogatoire des pesticides interdits en France
- La proposition de loi visant à valider rétroactivement les autorisations environnementales du chantier de l'A69 entre Toulouse et Castres
Cédric Villani a reconnu que le chantier de l'A69 a constitué « un moment de rupture très marquant » entre scientifiques et politiques, illustrant la nécessité d'une instance comme ce conseil scientifique pour rétablir le dialogue entre expertise scientifique et décision politique.
Cette initiative s'inscrit dans une volonté de Marine Tondelier de donner une assise scientifique solide à son projet politique, tout en créant un outil de veille et d'évaluation des politiques environnementales durant toute la période de campagne présidentielle.



