Suisse : une expérimentation secrète transforme des corps humains en compost fertile
L'Institut suisse de taphonomie médico-légale humaine (SHIFT) a inauguré en Suisse romande le premier site européen entièrement dédié au compost humain. Ce projet scientifique, mené dans le plus grand secret sous la direction du professeur Vincent Varlet, vise à transformer des corps en ressources fertiles pour la terre en seulement neuf mois.
Un site confidentiel pour une étude pionnière
Installé dans un lieu tenu secret en Suisse romande, ce site expérimental est rigoureusement sécurisé et protégé des regards indiscrets. Selon les informations révélées par la Radio Télévision Suisse (RTS), le processus est méticuleux : le corps est d'abord enveloppé dans un drap en coton, puis déposé sur un lit de compost mature avant d'être recouvert d'un broyat végétal.
« Avec ce projet, nous allons pouvoir suivre et monitorer des corps afin de comprendre pourquoi ils se décomposent de telle ou telle façon », explique Vincent Varlet, responsable du projet et professeur en taphonomie à l'Université de Lausanne. Cette recherche scientifique approfondie permettra d'étudier minutieusement les processus de décomposition.
Neuf mois pour une transformation complète
Le délai de transformation est remarquablement court : en seulement neuf mois, le défunt se métamorphose entièrement en compost utilisable. Cette rapidité constitue l'un des aspects les plus innovants de cette expérimentation, qui pourrait révolutionner les pratiques funéraires traditionnelles.
Le professeur Varlet insiste sur les similitudes avec le compostage traditionnel : « Un biocompostage bien mené, c'est comme le compost de jardin. Il ne sent pas et n'attire pas les animaux ». Cette comparaison vise à démystifier le procédé et à le rendre plus accessible au grand public.
La sécurité sanitaire au cœur des préoccupations
Avant toute éventuelle application à grande échelle, l'équipe du SHIFT doit absolument garantir la sécurité totale du compost humain produit. « Il faut s'assurer que le compost humain soit sain, qu'il n'y ait aucune composante physique ou chimique d'ordre toxicologique », souligne Vincent Varlet.
Cette validation scientifique rigoureuse est essentielle pour envisager un jour l'utilisation de ce compost dans des applications agricoles ou horticoles. Les chercheurs analysent méticuleusement chaque paramètre pour éliminer tout risque de contamination ou de danger pour la santé publique.
Une alternative écologique en devenir
Bien que cette pratique reste pour l'instant au stade expérimental en Europe, elle représente une alternative potentielle aux méthodes funéraires traditionnelles, souvent critiquées pour leur impact environnemental. Le compost humain s'inscrit dans une démarche d'économie circulaire appliquée au cycle de la vie.
Cette innovation suisse fait écho à des pratiques déjà autorisées dans six États américains, où le compost humain commence à être reconnu comme une option funéraire légale et écologique. L'expérimentation européenne pourrait ainsi ouvrir la voie à une adoption plus large de cette pratique sur le continent.
La recherche menée par le SHIFT combine ainsi approche scientifique rigoureuse et perspective environnementale innovante, positionnant la Suisse à l'avant-garde des alternatives funéraires durables.



