Nérigean déploie une stratégie innovante contre le frelon asiatique avec 117 pièges
Stratégie innovante contre le frelon asiatique à Nérigean

Une stratégie méticuleuse contre le frelon asiatique à Nérigean

Dans la bourgade de Nérigean, située dans l'Entre-deux-Mers et labellisée Apicité, une approche rigoureuse a été adoptée pour lutter contre le frelon asiatique. L'année 2023 a été marquée par une pression extrêmement forte de cet insecte invasif, au point que dans certaines zones comme le Cubzaguais, des exposants sur les marchés ne pouvaient plus étaler leurs produits, effrayant ainsi la clientèle.

Une initiative inspirée du Morbihan

Matthieu Courrege, élu local, a déployé une stratégie féroce inspirée d'une initiative repérée dans le Morbihan : la création d'un réseau de piégeurs volontaires. Selon l'Unaf (Union nationale de l'apiculture française), la lutte contre le vespa velutina repose sur trois piliers essentiels :

  • La sensibilisation de la population
  • La destruction des nids
  • Le piégeage de printemps

« Nous étions bien positionnés sur les deux premiers volets mais pas sur le troisième », explique Matthieu Courrege, également investi dans le rucher communal de ce village distingué par le plus haut grade du label APIcité.

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Un maillage de 117 pièges pour cibler les reines

Le piégeage de frelons asiatiques ordinaires n'a qu'un impact limité, car un nid peut contenir plusieurs milliers d'individus. L'objectif principal est donc de capturer les reines entre fin février et début mai, période où elles sortent de leur hibernation et sont seules pour construire leur nid.

L'Unaf recommande un maillage tous les 350 mètres, soit 76 points de piégeage pour Nérigean. Partant sur une approche plus modeste avec un maillage tous les 500 mètres (42 points), la commune a finalement déployé 117 points de piégeage, dépassant largement les objectifs initiaux.

La mobilisation citoyenne au cœur du dispositif

Un appel à la population a été lancé via le « Nérimag », les réseaux sociaux et les cahiers de liaison des écoliers. Au total, une quarantaine de personnes ont contribué, incluant élus, apiculteurs et même la directrice de l'école avec ses élèves.

La coordination s'est faite par email tous les 8 à 10 jours pour rappeler le changement des appâts. Face à des moyens limités, la municipalité a opté pour un système D : des bouteilles en plastique avec un trou bien dimensionné et un appât composé de sirop, de bière et de vin blanc. « Ce mélange, grâce à son fort degré d'alcool, permet de rebuter les abeilles », précise Matthieu Courrege.

Des résultats prometteurs et des perspectives d'expansion

Le bilan présenté le 14 mai révèle que 1 459 frelons asiatiques ont été capturés lors de cette première campagne. Même si seulement une reine sur dix survit jusqu'à la construction de son nid, cela représente au minimum une centaine de nids en moins à l'échelle communale.

Certains volontaires comme François Saillard ont réalisé des captures impressionnantes, avec 35 frelons en une journée et plus d'une centaine sur dix jours. Même les pièges qui n'ont rien capturé ont été utiles pour identifier les zones à risques.

Bien que quelques papillons et guêpes aient été capturés accidentellement, Matthieu Courrege relativise : « Un nid de frelon consomme dix kilos d'insectes de mi-avril à début novembre. C'est un moindre mal. »

Le maire Jean-Luc Lamaison espère maintenant sensibiliser Philippe Buisson, président de la Communauté d'agglomération du Libournais, pour étendre cette expérimentation à une plus grande échelle, le frelon asiatique pouvant graviter dans un rayon de 3 kilomètres.

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