Dominique Sopo appelle à une lutte contre l'extrême droite fondée sur la force politique, non la violence
Dans une tribune publiée le 18 février 2026, Dominique Sopo, président de SOS Racisme, réagit à la mort tragique de Quentin Deranque, un militant d'extrême droite décédé à Lyon le 12 février suite à une violente altercation. Sopo souligne que cet événement doit inciter à une réflexion profonde sur les méthodes de lutte contre l'extrême droite, en prônant le recours à la force politique et juridique plutôt qu'à la violence physique.
Un rappel des principes républicains face à la violence
Dominique Sopo insiste sur le fait que, dans une République, la violence ne peut jamais constituer une ressource politique légitime, sauf en cas de légitime défense. Il rappelle que tout individu doit répondre de ses actes devant la justice et de son idéologie dans l'arène politique, et non sous les coups. Cette position s'appuie sur une vision humaniste de la gauche, qui croit en la capacité de l'homme à s'améliorer, par opposition à une droite qui figerait les individus dans une nature immuable.
L'auteur évoque le cas de Quentin Deranque, âgé de 23 ans, dont la mort pourrait conduire à des condamnations pour homicide volontaire. Il souligne que, bien que difficile d'imaginer un revirement idéologique de ce militant, il restait un être de droit, méritant une réponse judiciaire et politique appropriée. Sopo met en garde contre la tentation de la vengeance, qui ne fait qu'alimenter un cycle de violence.
La responsabilité de l'extrême droite dans la violence politique
Dominique Sopo ne manque pas de rappeler que l'extrême droite, notamment dans sa variante fascisante, est historiquement le camp de la violence politique la plus meurtrière. Il cite des exemples comme le meurtre de Djamel Bendjaballah en août 2024 par un militant d'extrême droite, ou les agressions constantes dans le centre-ville de Lyon, dénonçant une coupable inaction des pouvoirs publics.
L'auteur critique également la réaction sélective de certains responsables politiques, comme Bruno Retailleau, prompt à condamner l'extrême gauche après la mort de Deranque, mais moins empressé face à des violences similaires perpétrées contre des minorités. Il souligne que l'extrême droite utilise souvent un narratif victimaire pour masquer sa propre brutalité.
Une question stratégique cruciale pour la gauche
Pour Sopo, le moment actuel exige que la lutte contre l'extrême droite substitue la réalité de la force à l'imaginaire de la violence. Il met en garde contre les logiques de conflictualisation qui présentent un « Nous » face à des ennemis, favorisant ainsi un climat de violence. Il pointe du doigt des figures comme Jean-Luc Mélenchon, dont le positionnement, selon lui, peut avoir des conséquences délétères sur la capacité de la gauche à sortir de l'ornière électorale.
L'auteur identifie deux réalités qui font de l'extrême droite un danger central pour la démocratie : son ADN violent, ciblant les militants de gauche, les étrangers, les musulmans, et les personnes LGBTQ+, et son programme qui menace les principes constitutionnels d'égalité et de liberté. Il appelle la gauche à offrir des débouchés politiques à la lutte contre le racisme et l'extrême droite, en évitant les pièges de la brutalité et du clivage permanent.
L'engagement non-violent de SOS Racisme
En conclusion, Dominique Sopo réaffirme l'engagement non-violent de SOS Racisme, rappelant des actions comme celle du meeting de Villepinte en 2021, où ses militants ont été agressés sans répondre aux coups. Il déplore que cette non-violence ait parfois été moquée, mais insiste sur son importance pour protéger des millions de personnes vulnérables face aux promesses de violence de l'extrême droite.
Il appelle à une réévaluation urgente du rapport de la gauche au combat contre l'extrême droite, soulignant que contrer sa dynamique électorale est un enjeu démocratique majeur, essentiel pour la sécurité et les droits de tous les citoyens.



