Le maire insoumis de Saint-Denis appelle à une mobilisation massive contre le racisme
Le nouveau maire insoumis de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a lancé un appel vibrant à une mobilisation citoyenne ce samedi après-midi, suite à des propos polémiques le visant sur la chaîne CNews. Ce rassemblement contre le racisme se tiendra dès 14 heures sur le parvis de la mairie de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, avec l'espoir de rassembler entre 5 000 et 10 000 participants.
Un événement soutenu par de nombreuses personnalités de gauche
Ce « grand rassemblement citoyen » a reçu le soutien affirmé de nombreuses figures politiques de gauche, dont Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot, Sophia Chikirou et Éric Coquerel, ainsi que de plusieurs syndicats et associations. Saint-Denis, deuxième plus grande ville d'Île-de-France après Paris, devient ainsi l'épicentre d'une mobilisation symbolique contre les discours de haine.
Les origines de la mobilisation : des propos racistes sur CNews
Bally Bagayoko, d'origine malienne, a initié cet appel dimanche soir sur son compte Instagram, en réaction à plusieurs propos polémiques diffusés sur CNews. Vendredi et samedi derniers, la chaîne a établi des liens entre le maire et « la famille des grands singes », tout en lui reprochant une attitude de « mâle dominant ». CNews conteste « formellement que de quelconques propos racistes aient été tenus » sur son antenne, affirmant que des déclarations ont été « délibérément déformées sur les réseaux sociaux ».
Dans son appel, le maire insoumis dénonce vigoureusement des médias nationaux qui peinent à accepter « qu'un enfant de la ville, issu de nos quartiers populaires, puisse être appelé aux responsabilités pour la collectivité ».
Une enquête judiciaire ouverte et des soutiens gouvernementaux
Jeudi, le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête pour « injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion », suite au dépôt de plainte de l'élu. Bally Bagayoko a également exigé la fermeture de la chaîne CNews. Le préfet s'est constitué partie civile, comme demandé par le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Alors que le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a qualifié les propos de « ignobles » et « absolument inacceptables », le maire a jugé ces soutiens gouvernementaux « toujours appréciables », tout en notant qu'ils sont arrivés « relativement tard ».
Un contexte politique local particulièrement tendu
Les premiers pas de Bally Bagayoko, élu dès le premier tour face au maire socialiste sortant Mathieu Hanotin après une campagne extrêmement tendue, ont été étroitement scrutés et critiqués. Un premier conseil municipal houleux a vu Mathieu Hanotin et ses colistiers copieusement hués et sifflés, suscitant l'indignation de plusieurs responsables politiques concernant l'atmosphère dans les villes remportées par des candidats LFI ou divers gauche.
Le gouvernement avait également pointé du doigt Bally Bagayoko pour avoir déclaré sur CNews que « les fonctionnaires sont avant tout des gens qui répondent en fait à une commande politique », ajoutant une couche de tension à un contexte déjà électrique.



