La politique périgourdine, un terrain de jeu aux règles surprenantes
La semaine du 28 mars au 3 avril a offert un spectacle politique des plus animés en Dordogne. Entre alliances stratégiques, lapsus révélateurs et débuts de mandat mouvementés, les élus locaux ont démontré que la vie politique régionale n'a rien à envier aux arènes sportives les plus compétitives.
Une passe décisive au Palio Périgord
Le dimanche 29 mars, dans les travées de l'Arena Le Palio Périgord, une discussion captivante a attiré l'attention. Michel Cadet, le nouveau maire Horizons de Périgueux, et Jacques Auzou, conseiller municipal communiste de Boulazac-Isle-Manoire, échangeaient visiblement avec intensité. Alors que l'élection du président du Grand Périgueux approche à grands pas, les observateurs politiques s'interrogent : cette rencontre fortuite préfigure-t-elle une alliance inédite ? Tout porte à croire que Michel Cadet pourrait effectuer une passe décisive en direction de Jacques Auzou, transformant ainsi le paysage politique local.
L'investiture de Périgueux et la résilience de l'opposition
La cérémonie d'investiture de Michel Cadet comme maire de Périgueux, samedi 28 mars, a rassemblé un beau monde politique, principalement de droite. Parmi les invités marquants figurait Jonathan Prioleaud, l'ancien maire sortant battu à Bergerac. Contrairement aux attentes, ce dernier a affiché une surprenante vitalité. À ceux qui s'enquéraient de son moral avec une compassion teintée de pitié, il a rétorqué avec verve : « Mais enfin oui ça va, je ne suis pas mort ! ». Loin de sombrer dans l'abattement, Jonathan Prioleaud semble déterminé à mener un combat vigoureux depuis les bancs de l'opposition, annonçant une mandature particulièrement animée en Bergeracois.
Ribérac : le renversement des alliances
À Ribérac, le Conseil municipal d'installation a réservé une surprise de taille. Nicolas Platon, le maire sortant socialiste réélu, a été porté à la magistrature suprême avec 22 voix, alors que sa majorité ne compte que 20 élus. Cette différence de deux voix correspond exactement au nombre de conseillers placés par Franck Blanchardie, son ancien adversaire. La tournure des événements devient encore plus intrigante lorsque l'on apprend que ce même Franck Blanchardie a intégré l'équipe municipale en tant que sixième adjoint, passant ainsi du statut d'opposant à celui de pilier de la majorité. Un véritable renvoi d'ascenseur politique qui illustre les recompositions permanentes du paysage local.
Le Département et les lapsus révélateurs
La séance du Conseil départemental du mercredi 1er avril a été marquée par un lapsus des plus embarrassants. Germinal Peiro, le président socialiste, souhaitait féliciter Benoît Sécrestat pour sa récente élection à la présidence de la Communauté de communes Sarlat-Périgord noir. Mais, visiblement fatigué par les chiffres ou ému par les victoires de son camp, il a commencé son intervention par ces mots malheureux : « Après Jérôme Peyrat… euh non Jérôme Bétaille à Eymet. ». Un quiproquo immédiatement relevé par l'assemblée, constituant une dédicace involontaire à l'ancien conseiller de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, pourtant réélu à La Roque-Gageac.
Jacques Auzou et la politique internationale
Lors de cette même séance départementale, Jacques Auzou a une nouvelle fois fait parler son franc-parler caractéristique. Évoquant l'actualité internationale, l'élu de Boulazac-Isle-Manoire s'est emmêlé les pinceaux : « Il paraît que Trompette intervient ce soir pour faire une déclaration, … oui Monsieur Trump fait une déclaration. CNews a déjà coupé toutes les émissions pour qu'on ait le privilège d'avoir la déclaration de Trompette. ». Un lapsus linguistique qui a provoqué l'hilarité générale, rappelant que même les affaires mondiales trouvent un écho particulier dans les débats périgourdins.
Bergerac : le baptême du feu pour Fabien Ruet
À Bergerac, Fabien Ruet a connu un début de mandat pour le moins mouvementé. Élu maire sous les applaudissements le vendredi 27 mars après douze longues années dans l'opposition, le socialiste a rapidement dû faire face aux réalités du terrain. Un incendie ayant partiellement détruit le centre social de La Catte, des demandes pressantes des forains souhaitant s'installer place de la République, et des travaux d'assainissement prévus à La Madeleine ont constitué son baptême du feu. Même la communication s'est révélée délicate : les panneaux annonçant la fermeture du Vieux Pont, installés mardi 31 mars par la CAB, ont dû être retirés dès le surlendemain pour préserver la paix sociale.
Sarlat et le poisson d'avril anticipé
À Sarlat, Basile Fanier, le nouveau premier magistrat de la sous-préfecture du Périgord noir, a suscité l'étonnement en posant officiellement avec Glinglin, la « vedette » locale. Ce dernier a proclamé sur les réseaux sociaux, dès le 28 mars, sa nomination comme « chef de la police, directeur de la sécurité de la ville ». Un poisson d'avril publié avec quelque avance, où Glinglin se présente également comme le nouvel officier de sécurité personnel de Basile Fanier. Une initiative humoristique qui interroge sur les relations entre élus et personnalités locales, même lorsque leur carrure ne rivalise pas tout à fait avec celle des responsables politiques.
Cette semaine politique périgourdine aura donc été riche en enseignements : les alliances se font et se défont au gré des intérêts locaux, les lapsus trahissent les préoccupations des élus, et les débuts de mandat réservent toujours leur lot de surprises. La politique locale, véritable sport de combat, continue de s'écrire au jour le jour dans les villes et villages de Dordogne.



