L'OFB dément une fausse amende pour abattage de vache à la ferme dans le Morbihan
OFB dément une fausse amende pour abattage de vache à la ferme

L'Office français de la biodiversité (OFB) continue de faire face à une série d'attaques infondées. La dernière en date provient d'une publication diffusée le 2 février sur les réseaux sociaux, émanant de l'écrivain Alexandre Jardin, toujours très actif sur la plateforme X. Ce récit relate l'histoire d'un agriculteur résidant dans le département du Morbihan, qui aurait écopé d'une amende de 3.700 euros infligée par l'OFB pour avoir abattu lui-même l'une des vaches de son troupeau sur son exploitation, afin de la consommer. Selon cette version, cette action lui aurait permis d'éviter une facture salée de 800 euros correspondant au coût d'un abattage en abattoir agréé.

Un démenti catégorique de l'OFB

En réalité, bien que l'abattage des animaux d'élevage soit strictement encadré par la loi, le contrôle de ces pratiques ne relève absolument pas des compétences de l'OFB. « Nous ne sommes jamais intervenus sur cette exploitation car ce sujet ne relève tout simplement pas de nos compétences », a clarifié un responsable de l'OFB auprès de 20 Minutes. Il a précisé : « Tout abattage en dehors d'un abattoir relève de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) », en l'occurrence celle du Morbihan dans ce cas précis.

Contactée par 20 Minutes, la DDPP a confirmé que les agents de l'OFB « ne sont pas habilités à vérifier la bonne application » de la réglementation concernant l'abattage d'animaux par un éleveur au sein de son exploitation. L'administration a assuré qu'« aucun constat d'abattage illicite à la ferme n'a été réalisé par les agents de la Direction départementale de la protection des populations du Morbihan ces dernières années ». Ainsi, l'histoire relayée par l'écrivain Alexandre Jardin s'avère totalement fausse et sans fondement.

Le cadre strict de l'abattage des animaux de boucherie

En France, l'abattage des « animaux de boucherie » – qui inclut les vaches, moutons, chèvres, cochons et chevaux destinés à la consommation humaine – fait l'objet d'une réglementation rigoureuse. Il doit impérativement être réalisé dans un abattoir agréé, où chaque carcasse est ensuite inspectée et estampillée pour des raisons sanitaires évidentes. Cette réglementation s'applique également aux abattages rituels, sans exception.

Les exceptions limitées à l'abattage en abattoir

Deux cas particuliers peuvent toutefois exonérer un agriculteur de recourir à un abattoir agréé pour la mise à mort d'un de ses animaux. Premièrement, en cas d'abattage d'urgence, par exemple suite à un accident, pour un animal dangereux ou pour certains gros gibiers d'élevage comme les sangliers, l'abattage peut avoir lieu directement sur l'exploitation. Cependant, un vétérinaire doit impérativement inspecter les animaux au préalable, et les carcasses doivent ensuite être envoyées dans un abattoir agréé pour l'inspection sanitaire et l'estampillage.

Deuxièmement, l'exception de « l'abattage familial à la ferme » est autorisée uniquement pour les moutons, chèvres ou cochons, à condition que ces animaux aient été élevés, nourris et soignés au sein de l'exploitation. Cette pratique doit respecter des étapes rigoureuses pour assurer le bien-être animal : l'animal doit être étourdi, ne jamais être suspendu avant cet étourdissement, et la saignée doit intervenir immédiatement après, avant qu'il ne reprenne conscience. La viande obtenue ne peut être consommée que par l'éleveur et sa famille, et sa vente est strictement interdite.

Les spécificités des animaux de petite boucherie

Pour les animaux dits de « petite boucherie » à la ferme, tels que les lapins ou les poulets, les règles diffèrent. L'abattage, souvent appelé « tuerie », est autorisé dans des conditions similaires à celles des moutons, chèvres et cochons, mais uniquement pour les exploitations qui abattraient moins de 25.000 poulets par an, soit approximativement 500 poulets par semaine.

Des sanctions sévères pour les infractions

L'abattage d'une vache, d'un veau ou d'un cheval en dehors d'un abattoir agréé reste totalement interdit en France. Un éleveur qui s'y risquerait s'expose à des sanctions pénales sévères, pouvant aller jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende. Ces mesures visent à garantir la sécurité sanitaire des consommateurs et le respect du bien-être animal.

Le coût réel de l'abattage en abattoir

Concernant le prix de l'abattage d'un bovin dans un abattoir agréé, les 800 euros mentionnés dans la publication d'Alexandre Jardin ne sont pas très éloignés de la réalité. Il faut compter environ 0,75 euro par kilogramme, soit en moyenne entre 500 et 600 euros pour une bête. Ce tarif n'inclut cependant pas la découpe, qui nécessite d'ajouter environ 1 euro par kilogramme, soit entre 650 et 800 euros supplémentaires par animal. Ainsi, l'abattage d'une vache ou d'un veau, incluant sa découpe, coûterait à l'éleveur entre 1.150 et 1.400 euros hors taxes.