Menton se prépare à une élection cruciale de la Carf
Ce mercredi soir, la communauté d'agglomération de la Riviera française (Carf) élira son nouveau président au Palais de l'Europe. Cette élection, qui intervient après les scrutins municipaux des 15 et 22 mars, voit les maires des quinze communes membres choisir leur représentant territorial. Alexandra Masson, maire Rassemblement national de Menton, a clairement exprimé son ambition de diriger la Carf, suivant ainsi la voie de ses prédécesseurs.
Une mobilisation citoyenne contre l'extrême droite
La probable élection d'Alexandra Masson à la présidence de la Carf suscite une vive inquiétude au sein de la gauche et parmi les citoyens engagés. Une mobilisation est prévue ce mercredi à 18 heures devant le Palais de l'Europe pour exprimer cette préoccupation collective.
Dans une lettre ouverte, des habitants de la Roya, dont le militant bien connu Cédric Herrou, ont fait part de leurs « gênes » et « craintes » concernant les « positions politiques » des maires de l'arrière-pays. Ils s'interrogent ouvertement : « Vont-ils oui ou non soutenir la maire de Menton, députée d'extrême droite du parti Rassemblement National à la présidence de la Carf ? »
Un processus électoral opaque dénoncé
Le bureau de la Carf – comprenant présidents et vice-présidents – est élu selon les mêmes modalités que le maire, c'est-à-dire au scrutin majoritaire uninominal. La particularité réside dans le fait que ce ne sont pas les citoyens qui élisent directement ce bureau, mais les conseillers communautaires (maires et adjoints) lors d'un vote à bulletin secret.
Les signataires de la lettre ouverte estiment que « ce vote concerne l'ensemble des habitants de notre territoire » et leur avenir, soulignant que l'intercommunalité gère des compétences cruciales :
- Gestion de l'eau et des déchets
- Agriculture et transports
- Attribution des logements sociaux
Ils exigent de leurs représentants une transparence totale concernant leur position sur la candidature d'Alexandra Masson, rappelant qu'« une lutte historique a été menée par la population de la Roya en 2012 contre le rattachement forcé de notre vallée à la Carf ».
Les collectifs citoyens montent au créneau
Le collectif citoyen Menton autrement a également publié une lettre ouverte dénonçant le manque de transparence du processus électoral. Le collectif regrette qu'« une élection obscure, sans aucune concertation de la population » décide de l'avenir d'une institution qui « concerne directement le quotidien des habitants ».
La Carf compte 48 conseillers communautaires issus de 15 communes, et jusqu'au dernier moment, n'importe quel conseiller peut se porter candidat à la présidence. Les négociations se déroulant en interne entre maires et conseillers, la population reste dans l'ignorance des candidatures potentielles.
Une politique jugée « néfaste » pour le territoire
Les opposants à la candidature d'Alexandra Masson considèrent que la politique du Rassemblement national, telle qu'elle a été menée dans d'autres territoires, serait « néfaste envers les pauvres, les étrangers, l'écologie, l' agriculture paysanne, le militantisme et toute forme de nuances alternatives ».
Ils trouvent « inapproprié que nos maires et nos conseillers communautaires élisent une personne qui sera en défaveur de la diversité de nos territoires », soulignant que le RN a historiquement défendu la privatisation des services publics et soutenu les grands opérateurs comme Véolia.
L'appel est clair : les membres du conseil communautaire doivent prendre leurs responsabilités et se positionner contre l'extrême droite, afin de « faire barrage à toute politique raciste, discriminante, et anti-sociale ». La mobilisation de ce mercredi soir constituera le premier test de cette résistance citoyenne face à ce qui pourrait marquer un tournant politique majeur pour la Riviera française.



