Une marche sous haute tension à Lyon
Ce samedi 21 février 2026, environ 3 200 personnes ont participé à Lyon à une marche en hommage à Quentin Deranque, militant d'extrême droite décédé la semaine précédente. La préfecture du Rhône a avancé ce chiffre, tandis que les organisateurs évoquaient 3 500 participants. Le cortège est parti de la place Jean-Jaurès pour un parcours de 1,4 kilomètre, sous un important dispositif policier incluant des drones de surveillance.
Un hommage marqué par des slogans politiques
Dans la foule, on pouvait observer des banderoles portant les inscriptions "l'extrême gauche tue" et "justice pour Quentin". Les manifestants ont scandé des slogans comme "Antifas assassins" et "LFI complice". Parmi les participants figuraient des membres de mouvements d'extrême droite dissous, tels que les Remparts, Audace (descendant du Bastion social) et la Cocarde étudiante. Yvan Benedetti, ancien président de l'Œuvre française, était également présent en première ligne.
Les réactions politiques divisées
Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, a fermement refusé d'afficher le portrait de Quentin Deranque sur la mairie, qualifiant cette proposition de "indécente". Il a rappelé que Lyon est "la capitale de la Résistance" et a exprimé sa volonté de ne pas voir la ville devenir "la capitale de l'ultradroite". À l'inverse, la région Auvergne-Rhône-Alpes, dirigée par Laurent Wauquiez (LR), a apposé un portrait géant du militant sur la façade de son siège.
Les développements judiciaires
Sur les sept jeunes hommes soupçonnés d'avoir frappé à mort Quentin Deranque, six ont été mis en examen pour homicide volontaire et placés en détention provisoire. Le septième a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de manifester et éloignement de Lyon. Parmi les mis en examen figure Jacques-Elie Favrot, 25 ans, assistant du député LFI Raphaël Arnault, inculpé pour complicité.
Les prises de position nationales
Le président Emmanuel Macron a appelé au calme depuis le Salon de l'agriculture, annonçant une réunion en début de semaine sur les "groupes d'action violente". Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a recommandé à ses cadres de ne pas participer aux rassemblements. Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a quant à lui demandé l'interdiction de la marche, la qualifiant de "véritable démonstration fasciste".
Des rassemblements ailleurs en France
À Rennes, une centaine de personnes se sont rassemblées place de la République pour rendre hommage à Quentin Deranque, sous l'impulsion de l'influenceur d'extrême droite Le Jarl. Une contre-manifestation antifasciste d'environ 300 personnes s'est tenue à proximité, sans incident majeur grâce à un dispositif de 130 policiers.
Les organisatrices de la marche lyonnaise
La marche a été organisée par Domitille Casarotto, porte-parole de l'événement et cadre d'Academia Christiana, et Aliette Espieux, organisatrice et interlocutrice des autorités. Toutes deux gravitent dans la mouvance de l'extrême droite radicale et fréquentent l'église traditionaliste Saint-Georges, que Quentin Deranque fréquentait également.
Les craintes des riverains
À Lyon, certains habitants ont exprimé leurs inquiétudes, notamment concernant d'éventuelles violences après la manifestation. Des vitres d'immeubles ont été protégées et des affiches effacées par la mairie. La préfète du Rhône, Fabienne Buccio, a assuré que "toutes les conditions de sécurité ont été prises" pour éviter tout débordement.



