Un projet ambitieux pour protéger les chouettes en France
Dans les Pyrénées-Atlantiques, la Ligue de protection des oiseaux (LPO) a lancé une initiative majeure intitulée « Une chouette, un village ». Ce projet vise à redonner des refuges aux chouettes, dont les habitats naturels se sont fortement dégradés au cours des dernières années. Sur le parvis de l'église Saint-Étienne à Laà-Mondrans, sous un soleil éclatant de février, Virginie Couanon, responsable de l'antenne locale de la LPO, prépare une installation cruciale.
Une installation minutieuse dans les clochers
Virginie Couanon sort un nichoir du coffre de sa voiture et s'apprête à le fixer dans le clocher de l'église. « Il va falloir monter à l'échelle. Je me fais aider d'un professionnel cordiste pour assurer la sécurité », explique-t-elle. Cette opération s'inscrit dans un plan national ambitieux : la LPO compte installer 3 000 nichoirs sur l'ensemble du territoire français d'ici trois ans, dont 48 spécifiquement dans les Pyrénées-Atlantiques.
L'objectif est de proposer de nouveaux espaces de nidification pour deux espèces emblématiques : la chouette Effraie des clochers et la chouette Chevêche d'Athéna. Ces rapaces nocturnes ont vu leurs habitats se réduire considérablement, menaçant leur survie. Loïc Coutry, le maire de Laà-Mondrans, accueille chaleureusement ce projet. « C'est un projet gagnant-gagnant pour eux et nous », déclare-t-il, séduit par la gratuité de l'initiative et la surveillance régulière assurée par les bénévoles de la LPO.
Une mobilisation ouverte aux particuliers et aux communes
Virginie Couanon précise que le choix des églises n'est pas anodin : « Si nous installons ces nichoirs dans les églises, c'est parce que ce sont souvent les seuls bâtiments qui appartiennent aux communes, en dehors des locaux de l'équipe municipale ». Cependant, ces lieux ne sont pas toujours adaptés. À Saint-Castin, par exemple, l'installation a dû être abandonnée en raison de la hauteur excessive du clocher, rendant l'accès trop dangereux.
Le projet n'est pas réservé aux seules mairies. Les particuliers, notamment les agriculteurs, peuvent également solliciter la pose de nichoirs sur leurs propriétés. Jusqu'à présent, 14 nichoirs ont déjà été installés dans le département, notamment à Hours et Lalongue, tandis qu'une dizaine de communes supplémentaires sont en attente de réalisation.
Des espèces clés pour l'équilibre écologique
Selon la LPO, les chouettes Effraie des clochers et Chevêche d'Athéna jouent un rôle écologique majeur. Elles se nourrissent de micromammifères, tels que les rongeurs, contribuant ainsi à réguler ces populations. Malheureusement, ces deux espèces sont victimes de plusieurs facteurs :
- La dégradation de leurs habitats naturels.
- La raréfaction des sites de nidification, due notamment à la rénovation des bâtiments qui les rend moins accessibles.
- L'appauvrissement et l'uniformisation des espaces agricoles.
Virginie Couanon rappelle que, par le passé, des nids présents dans les églises avaient été retirés en raison des salissures qu'ils causaient, aggravant ainsi la situation.
Une efficacité à évaluer dans les mois à venir
Pour mesurer l'impact de ce projet, la LPO a mis en place un suivi rigoureux. Des bénévoles se rendront régulièrement sur les sites équipés de nichoirs pour « écouter les bruits » et observer le retour éventuel des chouettes. Pour l'instant, il est trop tôt pour connaître l'efficacité réelle de cette initiative. Il faudra attendre plusieurs mois et les premières analyses des données collectées pour déterminer si les chouettes recolonisent effectivement ces nouveaux refuges.
Ce projet illustre l'engagement croissant des associations et des collectivités locales en faveur de la préservation de la biodiversité, dans un contexte où les espèces sauvages font face à des pressions environnementales grandissantes.



