Procès Jeremstar : l'influenceur jugé pour intrusion aux arènes de Nîmes lors d'une corrida
Jeremstar jugé pour intrusion aux arènes de Nîmes

L'influenceur Jeremstar devant la justice pour intrusion dans les arènes de Nîmes

Ce jeudi 2 avril, le tribunal judiciaire de Nîmes a ouvert le procès de Jérémy Gisclon, plus connu sous le pseudonyme Jeremstar. L'influenceur est jugé aux côtés de deux autres prévenus pour s'être introduit illégalement dans les arènes de la ville lors de la feria des Vendanges, le 19 septembre dernier. L'audience s'est tenue dans une salle comble, avec une forte affluence à l'extérieur du palais de justice, principalement composée d'adolescents, nécessitant un renforcement des effectifs de police.

Une action militante contre la corrida

Lors de l'événement, Jeremstar et deux autres hommes ont sauté dans l'arène en brandissant une banderole pour dénoncer la corrida. L'un d'eux s'est même blessé à la cheville lors de la chute. L'action, préparée avec deux militantes poursuivies pour complicité, visait à organiser un coup d'éclat très visible. Les prévenus avaient acheté des billets pour la corrida et ont agi après la mise à mort du second taureau.

Juridiquement, ils sont accusés d'entrée sur une aire de compétition d'une enceinte sportive troublant le déroulement de la compétition, une infraction du code du sport punie d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende. La présidente du tribunal, Anne Carine David, a rappelé que le procès ne portait pas sur la légalité de la corrida, mais uniquement sur l'intrusion et le trouble à l'ordre public.

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Défense et réquisitions

Lors des débats, Jeremstar a dû se changer après être arrivé avec un tee-shirt portant l'inscription Torturer des taureaux est un crime, la présidente exigeant une tenue neutre. Interrogé sur les risques de son action, il a déclaré : Hormis le taureau qui est séquestré, qui ne peut pas s'enfuir, je ne vois pas quel problème de sécurité cela présentait. Il a ajouté : Je ne regrette pas, je suis fier d'avoir fait cet acte. Le but était de dénoncer cet acte barbare.

Le procureur Frédéric Kocher a requis des peines d'amende de 5 000 à 6 000 euros, ainsi qu'une interdiction de paraître dans les arènes de Nîmes. Il a estimé que la corrida pouvait être assimilée à une compétition sportive, évoquant la présence d'adversaires et d'un public. Me Guillaume Barnier, avocat de la société Casas and Co, délégataire des arènes, a chiffré les préjudices économiques et d'image à près de 6 700 euros, réclamant également 3 000 euros de frais de justice.

La défense plaide la relaxe

Les avocats de la défense ont unanimement demandé la relaxe de leurs clients. Le conseil de Jeremstar a contesté la qualification sportive de la corrida, arguant que les arènes accueillent aussi des concerts. Si vous reconnaissez que la corrida est un sport, alors elle ne peut plus être considérée comme une tradition locale ininterrompue, a-t-il souligné, rappelant que c'est ce statut qui fonde sa légalité en France.

En dernier mot, Jeremstar a dénoncé l'hypocrisie entourant le dossier, tandis qu'un co-prévenu a adopté un ton plus offensif : Si la justice continue de ne pas protéger les victimes que sont les taureaux, nous continuerons, nous les activistes, à enfreindre les lois.

Verdict attendu en juin

Le tribunal a mis sa décision en délibéré. Le jugement sera rendu le 9 juin prochain à 13 h 30. Cette affaire met en lumière les tensions entre activisme environnemental et respect de l'ordre public, dans un contexte où la corrida reste légale en France mais fait l'objet de vives critiques.

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