Une décision gouvernementale saluée par les défenseurs de l'environnement
Les associations de défense de l'environnement expriment une vive satisfaction face à l'initiative gouvernementale annoncée ce mercredi. Le gouvernement français manifeste en effet l'intention d'inscrire sur la liste des espèces protégées, et donc de rendre non chassables, deux oiseaux emblématiques des massifs montagneux : le lagopède alpin et le grand tétras. Cette démarche intervient après que le Conseil d'État a exigé, début mars, la suspension de la chasse au lagopède pour une période de cinq ans, estimant cette pratique incompatible avec la préservation de l'espèce.
Une avancée majeure pour la conservation
Muriel Arnal, présidente de l'association One Voice, réagit avec enthousiasme : « C'est une étape attendue après toutes les victoires, mais une très bonne nouvelle pour les galliformes de montagne. » Cette famille regroupe des oiseaux de grande taille auxquels appartiennent les deux espèces concernées. Allain Bougrain Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), abonde dans ce sens en qualifiant la nouvelle d'excellente : « C'est courageux de la part de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, de s'engager dans le respect de la science et l'application du droit. »
Le contexte des deux espèces menacées
Le lagopède alpin, également connu sous le nom de perdrix des neiges, voit ses populations décliner de manière continue. Le Conseil d'État a justement motivé sa demande de moratoire par la nécessité impérieuse de renforcer les efforts de conservation. Quant au grand tétras, il s'agit du plus gros oiseau sauvage d'Europe. Également appelé coq de bruyère, il est un symbole des Vosges, région d'où il a quasiment disparu. Un arrêté préfectoral avait autorisé un plan de réintroduction, rapidement contesté par plusieurs associations dès 2024.
Une position contrastée des chasseurs
La Fédération nationale des chasseurs (FNC), bien qu'ayant participé aux consultations, déplore fermement cette orientation. Dans un communiqué, elle condamne « avec la plus grande fermeté » une décision qu'elle assimile à « un gage politique et idéologique pour ses amis de l'écologie punitive et extrémiste ». La FNC défend le principe de gestion adaptative, qui permettrait selon elle de distinguer un simple moratoire d'un retrait définitif de la liste des espèces chassables.
Cette annonce gouvernementale, qui doit encore faire l'objet d'une consultation formelle, marque donc un tournant significatif dans la protection de la biodiversité montagnarde, tout en cristallisant les tensions entre conservationnistes et monde cynégétique.



