Mérignac : face-à-face tendu entre militants animalistes et cirque Zavatta
Face-à-face tendu entre militants et cirque Zavatta à Mérignac

Confrontation animée à Mérignac entre défenseurs des animaux et cirque traditionnel

Ce samedi 4 avril, le marché de Mérignac a été le théâtre d'une confrontation tendue entre des militants de l'association One Voice et les membres du Grand Cirque Zavatta. Les manifestants animalistes se sont rassemblés pour protester contre les spectacles utilisant des animaux, tandis que les circassiens ont défendu avec véhémence leur art et leur gagne-pain.

Un dialogue de sourds entre deux mondes

Les échanges ont rapidement tourné à l'aigre. « Après le cirque, vous irez manifester devant les boucheries. Les gens n'auront plus de travail à cause de vous », a fulminé un circassien, visiblement exaspéré. Un militant animaliste l'a invité à baisser le ton, mais le dialogue s'est rapidement clos sur un « Ça ne sert à rien » sans appel.

Le camion jaune du cirque a multiplié les allers-retours devant les manifestants, tandis qu'une voix nasillarde annonçait par haut-parleur : « À 16 heures, ne manquez pas la représentation du cirque Zavatta, ses 50 animaux et sa mascotte, l'hippopotame Jumbo ». Face à cette provocation, les militants brandissaient des pancartes aux messages sans équivoque : « Stop à l'esclavage des animaux » ou « Jumbo en souffrance ».

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Une mobilisation rapide et déterminée

Thierry Vay, référent départemental de One Voice, a expliqué : « Nous nous sommes mobilisés lundi dès que nous avons appris l'installation du cirque à Mérignac-Soleil ». La municipalité et la direction du centre commercial se sont également opposées à cette installation, jugée illégale. Malgré ces contestations, les représentations doivent se poursuivre jusqu'au 18 avril.

One Voice appelle au boycott pur et simple : « Sans spectateurs, pas de spectacle », affirme Thierry Vay. Les militants recueillent des signatures pour leur pétition « Sauvons Jumbo ! », qui en compte déjà 40 000. Ils y dénoncent de multiples infractions :

  • Manquements à la sécurité
  • Barrières inexistantes
  • Absence d'accès à une véritable piscine d'eau chaude
  • Environnement inadapté
  • Vie dans un camion-cage

La controverse autour de Jumbo, hippopotame mascotte

Franck Muller, codirecteur du cirque, balaie ces accusations : « Ce ne sont pas des animaux sauvages, ils sont tous nés dans le cirque. Ils ne peuvent pas s'adapter au zoo, ni ailleurs ». Il assure que l'hippopotame bénéficie de conditions satisfisantes, position que la justice a validée à plusieurs reprises. En avril 2024, le Conseil d'État a même rejeté un recours de One Voice demandant le placement de Jumbo dans un sanctuaire.

Pourtant, Thierry Vay contre-attaque : « Ses maîtres se vantent de posséder le plus gros hippo d'Europe. C'est vrai. Il est en surpoids. Trois tonnes contre deux normalement. Ses articulations sont bien abîmées ». Jumbo, âgé de 43 ans, a passé l'essentiel de sa vie sous les chapiteaux.

Un soutien local notable

Sur la place Charles-de-Gaulle, l'accueil réservé aux militants a été globalement favorable. Un père de famille a lancé : « C'est contre le cirque ? Je vous soutiens à 100 % ». Laurence Couteille, conseillère municipale membre du Parti animaliste, a apporté son soutien : « Je suis allée voir leurs tigres. Ils tournent en rond dans leur cage, en pleine stéréotypie ». Pour elle, ce comportement illustre « la détresse psychologique » des animaux confinés.

Catherine Tarmo, ancienne élue, renchérit : « Regardez les Bassins de lumières. Aujourd'hui, nous disposons de la technologie pour montrer des animaux sans les maltraiter ». Elle rappelle qu'en 2017, elle avait initié une motion marquant l'opposition du conseil municipal aux spectacles utilisant des animaux sauvages. Neuf ans plus tard, le débat reste plus que jamais d'actualité, cristallisant les tensions entre tradition circassienne et éthique animale.

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