La dissolution de La Jeune Garde révèle une stratégie offensive
Le 12 juin 2025, un décret signé par Emmanuel Macron en Conseil des ministres, à l'initiative de Bruno Retailleau, alors ministre de l'Intérieur dans le gouvernement de François Bayrou, a acté la dissolution de La Jeune Garde. Ce mouvement antifasciste, proche de La France insoumise, a vu plusieurs de ses membres interpellés dans le cadre de la mort de Quentin Deranque, un étudiant roué de coups à Lyon en marge d'une réunion de l'eurodéputée LFI Rima Hassan. Le décret reprend les éléments qui ont motivé cette décision, offrant un éclairage contrasté sur les actions du groupe.
Des revendications défensives contredites par les faits
Alors que La Jeune Garde affirme s'être formée pour se défendre des agressions des groupuscules d'extrême droite, particulièrement implantés à Lyon, le texte officiel décrit une volonté offensive. Il souligne que le mouvement, sous couvert d'organiser la défense de ses membres, provoque à des agissements violents en vue d'affrontements avec les groupes adverses d'ultra-droite. Pour cela, il organise des entraînements aux sports de combat et au combat de rue, et galvanise ses membres par un vocabulaire légitimant la violence.
Des actions violentes documentées
Le décret énumère une série d'actions coup de poing, où les militants posent régulièrement en position de combat sur des photos ou vidéos, visage flouté, pour revendiquer et valoriser leurs actes. Ces revendications détaillent souvent les blessures infligées. Parmi les exemples cités :
- Une rixe violente le 3 mars 2018 à Lyon 1er, entre militants d'ultra-droite et membres de La Jeune Garde, en marge d'une manifestation antifasciste.
- Une agression ciblée le 8 mars 2024 à Lyon, où une quinzaine de jeunes manifestants ont attaqué deux hommes munis de stickers siglés "France nationaliste".
Des incidents au-delà de Lyon
Les actions de La Jeune Garde ne se limitent pas à Lyon. Le décret relate notamment :
- Une agression à Paris le 1er juin 2023, où un membre de La Jeune Garde Paris et deux individus grimés ont frappé un homme en le traitant de "sale nazi".
- Un incident le 27 mai 2024, où neuf militants ont giflé un jeune homme de 15 ans, de confession juive, dans le métro parisien, en le traitant de "sioniste" et en lui faisant crier "Vive la Palestine".
Après la signature du décret, La Jeune Garde a formé un recours devant le Conseil d'État pour obtenir son annulation. La décision de la haute juridiction n'a toujours pas été rendue, laissant en suspens l'avenir de ce mouvement controversé.



