Un débat municipal crucial sur la prévention des incendies
Les incendies dévastateurs de 2022 ont profondément marqué la commune de Belin-Béliet, révélant une vulnérabilité accrue et une urgence absolue à préserver les infrastructures. Lors d'un récent conseil municipal, ce sujet brûlant a été au cœur des échanges entre élus, mettant en lumière des divergences et des préoccupations partagées.
Les inquiétudes de l'opposition sur le respect des obligations
Alain de Sigoyer, élu d'opposition de Dynamisons Belin-Béliet naturellement, a interpellé directement le maire Cyrille Declecq et le conseiller municipal délégué à la forêt, Bernard Rablade. Ce dernier est également président de l'ASA de DFCI, l'Association syndicale autorisée de Défense des forêts contre l'incendie.
Dans une intervention ferme, Alain de Sigoyer a pointé du doigt plusieurs problèmes majeurs :
- Le respect insuffisant des obligations légales de débroussaillement (OLD), pourtant fondamentales pour limiter la propagation des flammes.
- Le reboisement progressif de certains pare-feux, ces zones tampons essentielles à la protection des territoires, qui perdent ainsi leur efficacité.
- Une incompréhension face à la disparition ou à la reforestation de ces ouvrages de protection.
L'élu a rappelé avec force que la vulnérabilité de la commune, mise en évidence dès 1949 et exacerbée par les incendies récents, exige une action immédiate. Il a appelé à une clarification de la position municipale et de la DFCI, exhortant le maire à unir ses efforts avec l'ASA de DFCI. « Il faut rétablir les pare-feux, qu'ils soient privés ou communaux, dans leur fonction première, et préserver l'esprit de solidarité face à des logiques mercantiles », a-t-il insisté.
La réponse des responsables : cartographie et collaboration
Bernard Rablade a pris la parole pour détailler les actions engagées depuis la catastrophe de 2022. Il a souligné la collaboration étroite entre la mairie et la DFCI, notamment à travers un important travail de cartographie visant à identifier précisément toutes les zones de pare-feux sur le territoire communal.
Le conseiller municipal a reconnu la grande disparité de ces ouvrages :
- Leur nombre varie considérablement d'un secteur à l'autre.
- Leur état et leur entretien sont très inégaux.
- Certaines zones en sont totalement dépourvues.
Il a réaffirmé que les pare-feux, publics ou privés, constituent le socle indispensable de la prévention du risque incendie. Face à ce constat, une politique ambitieuse de restauration, voire de création de nouveaux pare-feux, est actuellement à l'étude. Une des préconisations phares est la sectorisation des massifs forestiers par tranches de 25 hectares, afin de mieux compartimenter et gérer les risques.
Les limites révélées par les mégafeux et les responsabilités partagées
Bernard Rablade a toutefois apporté une nuance cruciale, reconnaissant que « les feux hors norme de 2022 ont montré les limites de ce dispositif existant depuis 1949 ». Si les pare-feux se sont avérés efficaces face à des incendies d'intensité normale, leur utilité a été remise en question face à la puissance dévastatrice des mégafeux. « Face à une telle puissance de feu, les pare-feux sont parfois inefficaces », a-t-il concédé.
Il a également pointé des erreurs du passé, expliquant qu'au fil des mandats municipaux, « des surfaces ont été boisées, que ce soit via des compensations environnementales ou par un reboisement naturel de pare-feux délaissés ». Pour lui, la responsabilité ne saurait incomber au seul maire. « La réflexion doit se mener à l'échelle du massif forestier des Landes de Gascogne », a-t-il plaidé, évoquant notamment la problématique de la fermeture des chemins forestiers.
Le débat s'est ensuite élargi aux enjeux d'urbanisme croissant, aux difficultés persistantes dans l'application des OLD et à la nécessité impérative de renforcer la sensibilisation de la population aux risques incendie.
Une vision commune pour l'avenir
En conclusion des échanges, le maire Cyrille Declecq, contacté après le conseil, a indiqué avoir travaillé en étroite collaboration avec Bernard Rablade sur ce dossier complexe. Il a affirmé qu'ils partageaient une vision commune sur « ces enjeux essentiels pour la sécurité et l'avenir du territoire ».
Ce débat municipal a ainsi mis en lumière les défis colossaux auxquels fait face Belin-Béliet pour adapter sa stratégie de prévention des incendies à l'ère des changements climatiques et des phénomènes extrêmes. La recherche d'un équilibre entre protection environnementale, sécurité des personnes et des biens, et contraintes économiques, s'annonce comme un chantier prioritaire pour les années à venir.



