L'ADAMVM réorganise sa gouvernance face à l'urgence environnementale
L'assemblée générale de l'Association pour la dépollution des mines de la vieille montagne (ADAMVM) s'est tenue en mairie de Saint-Félix-de-Pallières, rassemblant un public nombreux venu des communes limitrophes d'Anduze, Tornac, Thoiras-Corbès, Durfort et Fressac. La présidente Hélène Le Gallic a présenté un rapport moral détaillant les actions marquantes de l'année 2025.
Une année 2025 riche en initiatives et découvertes alarmantes
L'année écoulée a été marquée par la première conférence de SysExt (association des systèmes extractifs et environnements) organisée à Anduze. Cette présentation s'appuyait sur une étude de terrain approfondie menée sur dix-sept secteurs miniers durant cinq années consécutives. Un autre moment fort a été la visite guidée des sites miniers de Durfort et Fressac, conduite par le géologue renommé André Charrière, qui a permis de constater directement l'état des lieux.
Transformation structurelle majeure : vers une gouvernance collégiale
L'association connaît un changement organisationnel significatif avec l'adoption immédiate d'une structure collégiale, remplaçant définitivement l'ancien conseil d'administration. Cette transformation s'accompagne d'une révision complète des statuts, visant à impliquer davantage les membres à travers des groupes de travail thématiques organisés en ateliers permanents.
Alertes sanitaires et réglementaires préoccupantes
François Simon, ancien président de l'association jusqu'en 2023, a lancé un avertissement sérieux suite à une réunion avec SysExt. Il a dénoncé l'affaiblissement progressif des règlements européens concernant l'extraction des métaux rares, une tendance qui selon lui favorise les intérêts économiques au détriment de la santé publique. "Nous assistons à une véritable bombe sanitaire à retardement", a-t-il déclaré, pointant notamment la présence inquiétante de cadmium dans des produits de consommation courante comme les pâtes alimentaires et le chocolat.
Données scientifiques accablantes sur la pollution des eaux
Régis Nayrolles, chargé de mission à l'Établissement public territorial de bassin (EPTB) des Gardons pour la qualité de l'eau, a présenté des données scientifiques alarmantes. Son analyse porte sur le grand cycle de l'eau couvrant un bassin-versant de cent soixante-dix communes, des Cévennes jusqu'à Remoulins. Les mesures effectuées sur trente-quatre stations de contrôle révèlent des concentrations de métaux lourds, particulièrement d'arsenic et de cadmium, largement supérieures aux normes européennes autorisées. Pour ce spécialiste, la solution prioritaire consiste à "stopper les sources qui contribuent à apporter les pollutions".
Témoignages visuels et cartographie interactive
Béatrice Llinarès et André Charrière ont ensuite partagé leurs observations lors des visites des différents sites miniers de Durfort et Fressac, incluant les secteurs de Grande Vernissière, La Coste et Cabanis. Leur présentation s'est appuyée sur de nombreuses photographies explicites montrant l'étendue de la pollution résiduelle. La séance s'est conclue par la démonstration d'une carte interactive présentant l'état des lieux complet, déjà accessible sur le site map.adamvm.fr. Cette cartographie dynamique a été développée par l'informaticien Antoine Walter, qui rejoint officiellement l'association à l'issue de cette assemblée générale.



