Autoroute A69 : un nouveau rebondissement judiciaire avec la saisine du Conseil d'État
Le dossier épineux de l'autoroute A69 connaît un développement majeur ce dimanche 8 février 2026. Le collectif La Voie est libre, farouchement opposé à ce projet routier reliant Toulouse à Castres, a officiellement annoncé saisir le Conseil d'État. Cette démarche intervient après la défaite du collectif en appel en décembre dernier, lui laissant jusqu'à la fin du mois pour initier cette procédure exceptionnelle.
Une demande de sursis à exécution pour bloquer les travaux
Le collectif ne se contente pas de demander un simple examen juridique. La Voie est libre a également formulé une requête de sursis à exécution, visant à suspendre immédiatement la décision d'appel défavorable ainsi que l'ensemble des travaux sur le chantier. Selon les opposants, cette mesure est cruciale pour empêcher la poursuite de ce qu'ils qualifient de désastre environnemental.
Le rôle du Conseil d'État dans cette affaire est précis : il ne s'agit pas de rejuger le fond du dossier, mais d'évaluer si les décisions antérieures, notamment celle rendue en appel, ont été prises en conformité avec la loi. Le collectif estime que les juges d'appel ont commis une erreur en ne relevant pas l'absence d'étude d'alternative à l'autoroute, un argument central dans leur combat.
Des positions diamétralement opposées sur l'avancement du chantier
Alors que le concessionnaire Atosca affirme que les travaux sont avancés à hauteur de 78% et prévoit une inauguration en octobre prochain, le collectif conteste fermement ces chiffres. La Voie est libre déclare que cette avancée est mathématiquement impossible et qu'ils en sont même très loin, créant ainsi un débat technique parallèle au contentieux juridique.
Le collectif exprime une confiance inébranlable dans la décision du Conseil d'État, affirmant que sauf à tordre le droit, le Conseil d'État n'aura d'autre choix que de mettre un coup d'arrêt à ce désastre. Ils ajoutent avec conviction : Le Conseil d'État doit nous protéger des dérives de l'A69 !
Un contexte judiciaire déjà chargé pour l'A69
Cette nouvelle saisine s'inscrit dans un paysage judiciaire déjà tumultueux pour le projet A69. Rappelons les récents développements :
- La justice a précédemment ordonné la suspension immédiate des travaux sur une quarantaine de sites hors tracé.
- Le tribunal administratif a finalement autorisé la poursuite du chantier entre Toulouse et Castres après des mois d'incertitude.
- Le préfet du Tarn avait annoncé la suspension des travaux dans les zones hors chantier, dans l'attente d'une décision de justice.
- Des rumeurs de suspension totale avaient circulé, notamment suite à la volonté du parquet de tout arrêter.
Cette accumulation de rebondissements illustre l'extrême polarisation autour de ce projet d'infrastructure, mêlant enjeux de transport, d'environnement et de légalité administrative. La décision du Conseil d'État, attendue avec impatience par toutes les parties, pourrait marquer un tournant décisif dans ce dossier qui divise la région Occitanie depuis des années.