Roquefort : le maire veut faire du village une destination touristique majeure
Roquefort : le maire veut dynamiser le village

Yannick Rouquette, élu maire de Roquefort-sur-Soulzon et de Lauras le 15 mars, veut faire de sa commune une destination touristique majeure en Aveyron. Six mois après son élection, il détaille ses priorités : s'appuyer sur le projet d'aménagement à 17 millions d'euros et attirer les visiteurs au-delà de l'achat de fromage.

Un enfant du pays élu avec 169 voix

Yannick Rouquette a été élu en mars avec 169 voix pour 252 votants. Cet enfant du village, âgé de 45 ans, connaît le « poids de l’histoire » et l’héritage de l’emblématique Bernard Sirgue, maire de 1989 à 2025 et médecin du village. C’est « en toute humilité » que cet amateur de VTT à la carrure de rugbyman reçoit, dans la salle du conseil municipal. « Je ne vais jamais dans le bureau du maire », souffle-t-il. Et quand on lui fait remarquer qu’aucun drapeau n’est accroché à la façade de l’hôtel de ville : « Ça ne m’a pas choqué plus que ça, vous savez je ne suis pas quelqu’un de protocolaire. »

Le chef d’agence commerciale a grandi au milieu des caves de fromage. « Mes parents travaillaient pour l’entreprise Société », raconte-t-il. Une mère cabanière, ouvrière qui emballait minutieusement des pains de Roquefort dans du papier d’aluminium. Et un père qui travaillait à la maintenance des machines. « Ils louaient un logement à l’entreprise, puis ils ont fait construire leur maison ici », rembobine-t-il. À 18 ans, Yannick Rouquette intègre lui aussi Société. « Puis je suis entré dans une entreprise de distribution de matériaux, à Montpellier, avant de revenir travailler à Millau », raconte l’Aveyronnais. Marié et père de deux filles, le premier magistrat souhaite désormais « impulser une nouvelle dynamique au village ».

Un projet d'aménagement à 17 millions d'euros

Environ 85 % du village appartiendrait à l’entreprise Société. Les sept producteurs de fromage de la commune emploient des centaines de personnes. Une manne financière pour la commune. Mais cela ne suffit pas à animer le bourg de 486 habitants. L’aménagement du village, commencé en 2024 et porté par le syndicat mixte Combalou, est toujours en cours. Un projet à 17 millions d’euros, comprenant notamment la Maison du Roquefort, un bâtiment central regroupant un office de tourisme, des espaces d’exposition et des bureaux. Inauguration prévue au printemps 2027. Mais aussi la création d’une nouvelle place de village et la requalification des espaces publics, un parking paysager d’environ 330 à 340 places pour structurer l’accueil des visiteurs et des ascenseurs pour relier les différents lieux de vie.

« On commence à voir le bout du projet Roquefort Demain lancé par l’ancien maire. Mon défi c’est d’arriver à ce que Roquefort profite du dynamisme du tourisme », explique Yannick Rouquette. Avec 80 000 visiteurs par an, le tourisme industriel autour de la première Appellation d’origine protégée (AOP) de l’histoire datant de 1925, est un véritable levier de croissance. « Le but c’est d’essayer de garder les gens sur une journée et pas juste qu’ils viennent acheter un fromage et qu’ils repartent aussitôt. »

Maintenir les commerces et faire venir les familles

Pour maintenir les quelques commerces sur la commune, le conseil municipal se mobilise pour garder la pharmacie : « Les propriétaires partiront à la retraite d’ici à deux ans, donc on réfléchit à acheter un bâtiment en bas du village, dans le quartier de Lauras, où se trouvent déjà la boulangerie et un hôtel-restaurant ». Pour « faire venir les familles » sur la commune, le maire envisage aussi de construire un lotissement « en bas du village ». Ce qui permettrait de maintenir l’école primaire privée Sainte Elisabeth, qui accueille cette année 28 élèves. « On ne retrouvera pas 1 000 habitants sur la commune, la démographie baisse donc il va falloir réfléchir à comment on peut garder les enfants sur le territoire. Bien sûr il faut s’ouvrir au monde entier, mais on vit bien ici. »