Curro Savoy, le roi biterrois du sifflet, se produit à Béziers
Curro Savoy, le roi biterrois du sifflet, à Béziers

Le virtuose du sifflet Curro « Kurt » Savoy, installé dans le Biterrois depuis les années 1970, se produira le vendredi 9 octobre à 10 h 30 au centre Oncodoc de Béziers (730 boulevard Jules Cadenat), dans le cadre d’Octobre Rose, la campagne de lutte contre le cancer. Le concert sera gratuit.

Une vie bascule lors d’un concours de musique

Francisco Rodríguez, devenu Curro Savoy, est né à Madrid. Arrivé en France dans les années 1970 pour soigner ses enfants, il a connu une carrière exceptionnelle, du concours de musique de son enfance aux westerns de Sergio Leone. « Un jour où mon père écoutait la radio, alors que c’était interdit sous la dictature, on a appris qu’il y avait un concours de musique avec cent pesetas et un chocolat en poudre à la clé. J’avais 12 ans, j’ai foncé », raconte-t-il.

Lors de ce concours, un trou de mémoire sur un titre d’Elvis a changé sa vie. « Je me suis mis à siffler la mélodie au lieu de chanter, et j’ai gagné comme ça ! » Sa technique unique, deux octaves entre les dents et la langue, séduit le public. « J’étais le seul à faire ça. Les gens en avaient marre de ceux qui chantent. »

Des westerns de Sergio Leone à l’Olympia

Dans les années 1960, son timbre particulier aurait séduit Ennio Morricone. Par l’intermédiaire d’un manager, son sifflement devient la signature de reprises des musiques du film « Et pour quelques dollars de plus ». Le jeune homme enchaîne les concerts dans toute l’Espagne. « Je commençais à avoir une vie de star », se souvient-il.

Acclamé dans les palaces, il garde les pieds sur terre : « Après les repas gastronomiques, on filait en douce avec les musiciens dans une pizzeria pour se rassasier… » Il affirme également une ligne de conduite : « Refuser la politique. Ces questions-là mettent du froid entre les gens, et je les aime trop pour m’en séparer. Mais c’est vrai que certains sujets me touchent forcément et inspirent ma musique. »

Arrivé dans le Biterrois dans les années 1970, à Cers, « c’était pour soigner mes enfants auprès d’un médecin reconnu à Montpellier. Mais en France, je n’étais personne, il fallait repartir de zéro ». Il reprend les concerts, et « ça a tout de suite fonctionné. J’ai fait toutes les salles de Paris et enchaîné les plateaux avec Dechavane, Foucault, Ardisson… » C’est également à cette période qu’il double Vanessa Paradis dans une publicité pour Coco Chanel. Il atteint l’un de ses rêves : se produire sur la scène de l’Olympia.

Un engagement contre le cancer

Ce mercredi 9 octobre, le virtuose remontera sur scène à Béziers pour le gala d’Octobre Rose, un engagement viscéral : « Dans ma famille, ils sont tous morts d’un cancer. Ça me touche particulièrement. C’est normal de participer. » Après cette date solidaire, le maestro s’envolera pour une tournée en Espagne, entre Almería et Séville. « Ça me fait tellement de bien d’y retourner, j’aurais aimé y retourner pour y vivre. »

Ses coups de cœur

Interrogé sur ses préférences, Curro Savoy confie : un lieu, « J’ai forcément un attachement pour Cers, c’est là que j’ai vu mes enfants grandir. Sinon je dirais les bords du canal, c’est merveilleux comme endroit pour se balader » ; un plat, « Les huevos rotos, des œufs au plat avec des frites. Je sais c’est un peu bizarre mais c’est pas cher ! » ; son Sergio Leone préféré, « Il était une fois dans l’Ouest, c’est celui qui m’a le plus touché. Pourtant, il n’y a même pas de sifflement dans celui-là » ; un artiste, « Obispo, j’adore » ; une madeleine de Proust, « Le parfum de ma première amoureuse. Pourtant, je ne me souviens même pas de son visage » ; une chose qui le tourmente, « Tout ce qui touche aux problèmes écologiques et aux guerres. Ça m’inspire pour quelques chansons » ; une passion, « Le foot, je supporte la France et l’Espagne. Pas de jaloux. »