Fibre optique à Poussan : 17 maisons pour 12 connexions, les habitants excédés
Fibre à Poussan : 17 maisons pour 12 connexions, colère des habitants

Un problème de mathématiques qui exaspère tout un quartier

Au chemin du Giradou à Poussan, dans l'Hérault, près de Sète, les habitants sont confrontés à une équation insoluble : un point de branchement optique (PBO) configuré pour seulement douze connexions doit desservir dix-sept habitations. Cette situation absurde, qui dure depuis l'installation du PBO le 15 janvier dernier, provoque des déconnexions en cascade et exaspère les riverains.

Le branchement musical des fournisseurs d'accès

"Quand les fournisseurs d'accès viennent connecter leurs clients, ils débranchent la connexion d'un voisin pour mettre la leur", explique un habitant du quartier. En à peine un mois, une dizaine d'interventions techniques ont déjà été nécessaires pour rétablir des connexions coupées arbitrairement. Cette pratique, devenue courante dans cette zone pavillonnaire à l'entrée du village, transforme l'accès à internet en véritable parcours du combattant.

Une pétition pour alerter les institutions

Excédés par cette situation, les résidents ont décidé de réagir en envoyant une pétition à plusieurs institutions :

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram
  • La mairie de Poussan
  • L'agglomération de Sète
  • L'Autorité de régulation des communications électroniques
  • Le conseil départemental de l'Hérault

Ce dernier est particulièrement concerné puisque c'est un de ses prestataires qui a procédé à l'installation dans le cadre du programme Hérault numérique, destiné à déployer la fibre optique sur le territoire.

Le Département de l'Hérault se justifie

Interrogé par Midi Libre, le Département de l'Hérault apporte plusieurs explications à cette situation problématique. "Lors des études de déploiement du réseau de fibre optique Hérault Numérique, huit habitations n'existaient pas", précise l'institution. Ces nouvelles constructions, apparues après la carte de couverture datant de décembre dernier, doivent donc entrer dans un processus de densification.

Ce processus oblige chaque propriétaire à viabiliser l'infrastructure télécom de son habitat, tout comme pour l'eau et l'électricité. Or, à ce jour, "aucune des habitations nouvelles n'a effectué ses démarches de viabilisation", ce qui inclut la fourniture du permis de construire et le règlement des frais correspondants.

La commercialisation bloquée en attendant les régularisations

Face à cette situation, le Département reconnaît que lorsque des usagers non référencés souscrivent un abonnement fibre, "il se peut que les opérateurs et leurs sous-traitants utilisent une des lignes déjà référencées. Cela peut donc malheureusement amener au débranchement d'un usager déjà référencé".

Pour mettre fin à cette pratique inacceptable, l'institution a décidé de "bloquer la commercialisation de cette rue". Les propriétaires des nouvelles habitations sont donc invités à régulariser rapidement leur situation en effectuant les démarches de viabilisation télécom nécessaires.

Une solution mathématiquement simple

Une fois toutes les informations remontées et les viabilisations effectuées, le PBO du Giradou pourra enfin être reconfiguré pour offrir le même nombre d'entrées que de sorties. Car comme le rappellent les habitants excédés, en mathématiques comme en aménagement numérique, 17 ne peut pas durablement tenir dans 12.

Cette affaire met en lumière les difficultés de coordination entre le développement urbain et le déploiement des infrastructures numériques, même dans le cadre de programmes ambitieux comme Hérault numérique. Elle souligne également l'importance pour les nouveaux propriétaires d'anticiper les démarches de viabilisation, souvent négligées au profit des raccordements eau et électricité.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale