Le théâtre Anthéa d'Antibes ne recevra plus les 700 000 euros de subvention municipale qui lui étaient versés chaque année via un crédit d'impôt lié au casino La Siesta. La décision, prise par la Direction départementale des finances publiques (DDFIP) en juin dernier, a été vivement critiquée par le maire Jean Leonetti lors du conseil municipal du vendredi 9 octobre 2026.
Un dispositif fiscal remis en cause après 13 ans
Depuis 13 ans, le casino La Siesta soutenait le théâtre Anthéa dans le cadre des manifestations artistiques de qualité (MAQ). Ce dispositif permettait au casino de réduire le montant du prélèvement de l'État sur le produit brut des jeux, grâce à un crédit d'impôt (CIMAQ), en échange d'un soutien financier aux spectacles. La subvention municipale de près de 700 000 euros était ainsi abondée par ce mécanisme, au bénéfice de la programmation culturelle d'Anthéa.
« Voilà 13 ans que le casino peut déduire des sommes en soutenant une activité culturelle et cela fait autant d'années que cela fonctionne avec Anthéa », a déclaré Jean Leonetti, ferme et déterminé, lors de la délibération rapportée par Audouin Rambaud, adjoint au tourisme. « 700 000 euros sont versés à Anthéa pour faire de La Siesta un partenaire. Les conventions ont été signées et elles sont même passées par le contrôle des services de l'État. »
Une décision jugée brutale et injustifiée
La décision de la DDFIP, prise en juin dernier, repose sur un motif précis : le casino antibois était présenté comme cofinanceur et non comme co-organisateur, alors que la loi évoque une co-organisation entre les casinos et les organismes qui abritent des manifestations artistiques. « Les salariés de l'État ont décidé de faire une enquête approfondie et ils ont constaté que, alors que la loi évoque une co-organisation entre les casinos et les organismes qui abritent des manifestations artistiques, nous avons écrit qu'il y avait un cofinancement. Considérant sur le plan administratif qu'il s'agit d'un cofinancement et non d'une co-organisation, ils ont rayé les 700 000 euros de subventions », a expliqué le maire.
Jean Leonetti a exprimé sa colère et sa déception : « C'est la première fois que j'ai l'impression que les services de l'État ne sont pas dans la même organisation, dans la même volonté de faire triompher l'intérêt général. » Il a également estimé que « les préfets et les services de l'État ne sont pas aux côtés des maires, mais en face d'eux », dénonçant une « manœuvre » qui montre un manque de soutien aux collectivités locales.
Des alternatives à l'étude pour préserver la culture
Face à cette situation, la municipalité ne compte pas se laisser abattre. « Dans cette vision tatillonne, on va essayer d'avoir à la fois la ceinture et les bretelles pour éviter d'être en déficit brutal en l'absence de ces 700 000 euros, tout en se mettant en situation de proposer des manifestations artistiques », a indiqué le maire. Plusieurs pistes sont évoquées, notamment le fléchage des subventions vers d'autres récipiendaires qu'Anthéa, comme le Brass Band ou les Nuits Carrées, qui pourraient être coorganisés avec La Siesta. Anthéa pourrait également renoncer à produire certaines œuvres sans mettre en péril la qualité de sa programmation ou son équilibre financier.
« On est dans une situation compliquée, assez irritante », a conclu Jean Leonetti, tout en affirmant que ce cas d'espèce antibois est unique en France. La municipalité cherche désormais des solutions pour compenser cette perte et maintenir son action culturelle, dans l'attente d'une éventuelle évolution de la position des services de l'État.