Les retraites complémentaires Agirc-Arrco, qui concernent les salariés du privé, seront revalorisées de 1,4 % à compter du 1er novembre 2027. Cette décision, prise mercredi par les partenaires sociaux qui cogèrent le régime, met fin à une année de gel en 2026, faute d'accord entre syndicats et patronat. La mesure s'appliquera à 14 millions de retraités.
Une hausse inférieure à l'inflation
Le taux retenu de 1,4 % est inférieur à l'inflation estimée à 2 % par l'Insee. Fabien Guimbretière, secrétaire national de la CFDT chargé des retraites, a déclaré : « On aurait aimé une revalorisation plus importante […] mais on a agi en responsabilité pour revaloriser les pensions des retraités avec une augmentation certaine et immédiate. » Les règles de l'Agirc-Arrco limitaient la hausse possible à une fourchette comprise entre 1,2 % et 1,9 %.
Le calcul de la revalorisation part de l'inflation, à laquelle sont retirés 0,4 point. Selon la situation financière du régime, le conseil d'administration peut ensuite ajuster ce taux, sans dépasser l'évolution du salaire moyen, estimée à 1,9 %.
Une part importante des revenus des retraités
Les retraites complémentaires représentent environ 30 % de la pension totale pour les faibles salaires, et jusqu'à 60 % pour les cadres. La décision était attendue alors que le gouvernement envisage de geler ou de sous-indexer une partie des pensions de base en 2027. Des centaines de retraités ont manifesté mercredi à Paris et dans d'autres villes pour réclamer une hausse plus importante. « Il faut que les retraités puissent vivre dignement. Cette revalorisation n'est pas un luxe. Nous n'avons pas en France uniquement des retraités propriétaires avec une retraite énorme », a défendu Pauline Laby-Leclercq, secrétaire régionale de l'UNSA.
La CGT réclamait aussi une hausse au plus près de l'inflation. Cathy Tran-Phung-Co, secrétaire générale de l'UCR-CGT, jugeait qu'une progression inférieure à celle des prix serait « inacceptable », dans un contexte où le budget prévoit 5,5 milliards d'euros d'économies sur les retraites. De son côté, le Medef appelait à « faire preuve de responsabilité » afin de « préserver durablement le régime », en mettant en avant la dégradation des indicateurs économiques et des finances publiques.
Des réserves confortables et des négociations à venir
L'Agirc-Arrco dispose de plus de 90 milliards d'euros de réserves, soit l'équivalent d'environ dix mois de versements. Ses gestionnaires doivent garantir en permanence au moins six mois de prestations sur un horizon de quinze ans. L'accord de pilotage conclu en 2023 restera en vigueur jusqu'après la présidentielle de 2027. De nouvelles négociations sont prévues à l'automne 2027 afin de fixer les règles du régime pour la période 2027-2030.