Carburants : les ménages périurbains les plus pénalisés
Carburants : les ménages périurbains les plus pénalisés

Les ménages vivant en périphérie des villes, loin de leur emploi, sont les plus pénalisés par la hausse du prix des carburants. C'est ce que souligne Louis Maurin, directeur et cofondateur de l'Observatoire des inégalités, dans une analyse publiée par Nice Matin le 28 septembre 2026. Selon lui, la dépendance à la voiture pèse lourdement sur ces ménages, notamment sur la Côte d'Azur.

Le périurbain, première victime de la hausse des carburants

Louis Maurin insiste d'abord sur la nécessité de nuancer l'image du monde rural. Les données de l'Insee montrent que les ménages les plus impactés par la hausse des carburants sont ceux du périurbain. Il ne s'agit pas nécessairement de personnes âgées vivant dans un bourg et utilisant peu leur voiture. Le profil type est celui de classes moyennes qui cherchaient plus d'espace, de familles qui n'avaient pas le choix pour se loger, ou encore de personnes originaires du village qui n'en sont jamais parties.

Ces ménages peuvent vivre à quelques kilomètres d'une ville sans disposer de transports en commun pour se rendre à leur travail. Ils sont donc entièrement dépendants de leur véhicule. Cette situation peut devenir très coûteuse, surtout pour les bas salaires. Louis Maurin précise que lorsqu'on a un bas salaire, qu'on travaille à dix kilomètres de chez soi et qu'on doit y aller en voiture, cela grève un budget déjà tendu. Ces ménages n'ont pas nécessairement d'épargne pour absorber cette dépense.

Le carburant, une dépense symbolique et visible

Le directeur de l'Observatoire des inégalités rappelle toutefois que le carburant reste très loin derrière le logement ou l'alimentation dans le budget des ménages, même pour ceux qui roulent beaucoup. Il souligne aussi l'importance de regarder l'évolution sur le temps long : 2,40 euros aujourd'hui ne représentent pas la même chose qu'il y a vingt ans.

Le prix du carburant occupe une place importante dans le débat sur le pouvoir d'achat en raison de sa forte dimension symbolique. C'est un prix particulièrement visible pour les automobilistes, affiché en gros et dont l'évolution est immédiatement perceptible. Pour d'autres dépenses, les hausses sont moins visibles. Louis Maurin note que même un cadre supérieur voit le prix augmenter, alors que dix euros de plus sur un plein ne représentent qu'une faible part de ses revenus. Il continuera néanmoins à prendre sa voiture et peut avoir cette impression de hausse permanente.

Des profils de ménages à distinguer

Louis Maurin estime qu'il faut distinguer les niveaux de vie, mais aussi les raisons pour lesquelles les personnes vivent dans ces territoires. Si, dans trois ans, on connaît à nouveau une forte hausse du prix de l'essence, la situation ne sera pas la même pour quelqu'un qui vient de déménager que pour quelqu'un qui vit là depuis plusieurs décennies.

Le traitement médiatique peut également renforcer l'impression de hausse permanente. Louis Maurin observe qu'on ne fait pas forcément d'article pour dire que les prix de l'essence ont baissé. Cela peut créer un prisme dans la perception du phénomène. À long terme, il faut aussi regarder l'évolution des prix à la hausse comme à la baisse.