Chanel Croisière à Biarritz : Matthieu Blazy enchante par sa simplicité
Chanel Croisière à Biarritz : la simplicité de Blazy enchante

Stars internationales, grand chic, « standing ovation »… Matthieu Blazy, directeur artistique de la maison de couture, a présenté ce mardi la collection dans la cité basque. Karl Lagerfeld était comparé à un empereur, « le Kaiser ». Matthieu Blazy, 41 ans, devenu l’an dernier directeur artistique de Chanel, évoque plutôt un prince de la mode, par sa jeunesse, sa bonne humeur, son apparente simplicité. Sweat noir sur T-shirt blanc, il a salué le public en courant, ce mardi 28 avril au matin, d’une manière émouvante, gaie, sans emphase, au diapason de la collection qu’il venait de présenter.

Une collection Croisière centrée sur la demi-saison

Une collection Croisière centrée sur une garde-robe de demi-saison. Elle a été dévoilée à Biarritz, où Gabrielle Chanel avait inauguré, en 1915, sa première maison de couture. L’un de ces clins d’œil au passé que les dirigeants du groupe Chanel cultivent, persuadés que la maison au double C se démarque dans le paysage encombré du luxe par son aura, son héritage, son « récit ».

Le lieu exact a été caché aussi longtemps que possible. Même sur les invitations. Il était vaguement question du « centre-ville de Biarritz ». Mystère. Mais les préparatifs spectaculaires avaient, ces derniers jours, trahi le secret : la « Croisière » se tiendrait dans un paquebot Art déco. Le casino, face à l’Atlantique.

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Cotillard, Kidman, Coppola…

10 heures. Ouverture des portes. Une armée de jeunes gens en costume noir officie à l’accueil. Champagne, bouquets de fleurs, moquette beige, miroirs, fauteuils dorés, vues panoramiques sur l’océan, mélopée du « Boléro » du Basque Maurice Ravel… Bienvenue à bord d’une croisière immobile, dans un autre espace-temps.

Les invités commencent à affluer. Client·e·s, partenaires, journalistes, influenceur·euse·s. Une petite foule largement féminine, et internationale, qui parle anglais, italien, espagnol, thaïlandais. Ce mardi, le même défilé aura lieu deux fois, à 11 heures, puis à 15 heures. L’astuce permet d’accueillir mille personnes en tout.

On aperçoit Sofia Coppola, Marion Cotillard, Ana Girardot, Anamaria Vartolomei, des piliers de la presse dédiée à la mode comme Sophie Fontanel ou Loïc Prigent, et des figures du monde sportif et de la vie basque, comme Amélie Mauresmo, Bixente Lizarazu. Nicole Kidman s’est offert un bain de foule. Nicole Kidman, le rappeur Asap Rocky, Charlotte Casiraghi sont annoncés à 15 heures. Les ambassadeur·drice·s de Chanel au grand complet, à quelques exceptions près : Vanessa Paradis (en tournée), Jacob Elordi (dommage).

78 mannequins, vingt minutes

11 heures. Début du « show », comme disent les pros de la mode. Pendant vingt minutes, 78 mannequins défilent, certain·e·s pieds nus, dans des tenues privilégiant les matières souples, légères, et les couleurs de l’été, sur une bande-son gorgée de soleil, ponctuée de références au grand large. « Les Pêcheurs de perles » de Tino Rossi, le chant de marins « Santiano », une version electro de « Brazil »… avant un final célébrant l’évasion sur « Emmenez-moi » de Charles Aznavour.

Broderies, bijoux, cols, revers, superpositions, camouflages… La minutie du travail et de l’artisanat, sur chacune des « silhouettes », est telle qu’on voudrait que ce carrousel ralentisse pour ne rien laisser échapper de cette beauté. « Dans un défilé, le rythme est important, très réfléchi. Il faut que ce soit vif, rapide, captivant, comme le montage d’un film », déchiffre Loïc Prigent.

11 heures 20. C’est déjà terminé. Un an de préparation, vingt minutes d’éblouissement. Mais l’histoire ne fait que commencer au plan commercial. Les images vont circuler dans le monde entier. Le groupe Chanel espère des retombées de plusieurs dizaines de millions d’euros dans ses boutiques.

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Première pour Mauresmo et Lizarazu

On imagine la pression pour Matthieu Blazy, qui n’en laisse rien paraître quand il rencontre quelques journalistes à l’issue du défilé. Il détaille avec enthousiasme sa façon de revisiter les codes de Chanel. La petite robe noire, qui a cent ans cette année, les deux C enlacés… La sophistication de ses vêtements ne donne jamais l’impression d’être une entrave. « Je voulais des matières fluides, fonctionnelles, sportives, pour des femmes qui marchent, courent, nagent, voyagent librement », explique-t-il.

« Cette collection, à la fois superbe et décontractée, joue avec les tissus, les couleurs », commente la comédienne Ana Girardot. « C’était frais, plein de gaieté », ajoute Anamaria Vartolomei. Amélie Mauresmo assistait pour la première fois à un défilé : « Je ne savais pas à quoi m’attendre. Je suis impressionnée par la diversité des tenues et par le raffinement, tout le travail qu’il y a derrière. Tout est pensé. Chaque détail… » Bixente Lizarazu aussi était un néophyte. « Vous voulez mon avis d’expert ? lance-t-il dans un éclat de rire. C’était beau, et dans un cadre magnifique. À la maison ! J’ai beaucoup aimé ce moment. »