Visite rare de l'usine Schneider Electric de Carros, site Horizon
Visite rare de l'usine Schneider Electric de Carros

Le 6 octobre 2026, l'usine Schneider Electric de Carros, dans la zone industrielle de Carros-Le Broc, a exceptionnellement ouvert ses portes à des visiteurs extérieurs. Organisée par l'association Club Indusparc, cette visite a permis à quelques invités de découvrir le site Horizon, le plus grand complexe industriel d'automation de la multinationale française, leader de la gestion de l'énergie et des automatismes industriels. Ce site, qui s'étend sur 21 000 m², fête cette année les 190 ans de l'entreprise.

Un site unique alliant recherche et production

Le site Horizon de Carros se distingue par sa configuration unique : il intègre à la fois un département de recherche et développement (R&D) et une unité de production. Cette proximité entre les ressources en R&D et la production est un « point stratégique » pour le site, où sont assemblés des cartes électroniques et des modules automates destinés à piloter des usines. « Plus c'est fluide, mieux c'est », a souligné Lionel Robert, directeur du site de production, fort de plus de trente ans d'expérience chez Schneider.

Les visiteurs ont d'abord découvert le laboratoire de validation système, où sont imaginés, conçus et testés les prototypes de Schneider Electric. Une trentaine d'ingénieurs, dont certains sont d'anciens clients, y travaillent. « On teste l'automate dans ce qu'on appelle la configuration maximale, on le fait souffrir », a expliqué l'ingénieur Erwan Bagria, qui a décrypté les communications entre les modules Schneider de l'architecture réseau d'un client en plein test : celle du métro de Toulouse en situation d'incendie, qui doit gérer la ventilation dans ses tubes. Une autre équipe d'ingénieurs propose des architectures clés en main, « si vous souhaitez construire un barrage par exemple ».

Une production de 4 000 cartes électroniques par jour

Dans l'unité de production, où s'activent 300 employés, les humains côtoient des robots autonomes et des petits trains qui convoient les éléments à assembler. Plus de 4 000 cartes électroniques y sont produites chaque jour. Les lignes de montage en U sont inspirées par le système de production Toyota. Un distributeur de petit électronique permet aux travailleurs de se servir en câbles ou composants, une forme d'« automaintenance », comme l'a expliqué Marion Bouthors, la directrice du site.

Le site est qualifié « nucléaire », selon Lionel Robert, car certaines pièces intègrent la gestion des réacteurs nucléaires EPR2, de troisième génération avancée. La traçabilité est un autre cheval de bataille : « On doit pouvoir mobiliser toutes les données disponibles sur tous nos produits dans la minute si un client le demande », a martelé le plant manager. Tout cela se fait avec des produits maison, notamment EcoStruxure, une plateforme qui permet de connecter, surveiller et automatiser des systèmes industriels et énergétiques, s'appuyant sur l'Internet des objets (IoT).

Un investissement de 200 000 euros pour s'adapter aux fortes chaleurs

Le complexe a été transformé en 2011 grâce à un investissement de 14 millions d'euros, gagnant 5 500 m² et devenant un bâtiment à basse consommation écoresponsable, qui a atteint son objectif net zéro CO2 en 2026. Actuellement, un nouvel investissement de « 200 000 euros » est injecté pour s'adapter aux fortes chaleurs qui ont testé l'infrastructure, la production et les employés cet été, et pour se préparer aux futures saisons estivales extrêmes.

Cette visite a souligné l'importance de la proximité entre la R&D et la production, un atout stratégique pour le site. « Les ingénieurs expliquent aux clients qui viennent nous voir comment nos produits fonctionnent puis ils voient ensuite notre production », a illustré Marion Bouthors. Le site Horizon de Carros se positionne ainsi comme un centre de compétence mondial en automatisme et Internet des objets, avec un impact direct sur l'emploi local et l'innovation industrielle.