La réindustrialisation française ralentit en 2025 face à un contexte international dégradé
Réindustrialisation : le ralentissement s'accentue en 2025

La réindustrialisation française marque le pas en 2025

La dynamique de création de sites industriels en France connaît un ralentissement significatif en 2025, selon le baromètre industriel publié dimanche par le ministère de l'Économie. Le solde net d'ouvertures et d'extensions d'usines reste positif, mais affiche une baisse notable par rapport à l'année précédente, passant de +88 en 2024 à seulement +19 en 2025.

Un contexte international défavorable

Ce ralentissement s'explique en grande partie par la dégradation du contexte international. La concurrence s'est intensifiée, avec notamment l'essor des surcapacités asiatiques, l'instauration de droits de douane par les États-Unis et la hausse des prix de l'énergie. Ces facteurs affectent directement la compétitivité des industriels français et pèsent sur les décisions de fermeture d'usines.

Malgré ce contexte difficile, la France continue d'ouvrir et d'agrandir plus d'usines qu'elle n'en ferme. Le baromètre souligne que 150 usines sont actuellement en cours de création, soutenues par divers dispositifs comme le crédit d'impôt pour l'industrie verte, l'appel à projets « Première usine » du plan France 2030, ou les annonces faites lors des éditions de Choose France.

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Des secteurs en croissance et d'autres en difficulté

Le baromètre de Bercy révèle des disparités sectorielles importantes :

  • L'industrie verte enregistre le plus grand nombre d'ouvertures nettes (+26)
  • La défense, l'aéronautique et le spatial suivent avec un solde positif de +19
  • L'électronique affiche également une progression (+12)

À l'inverse, certains secteurs connaissent des difficultés :

  • Les transports (-14)
  • La chimie (-8)
  • L'industrie mécanique (-8)
  • La métallurgie (-6)

Des analyses divergentes sur l'état de la réindustrialisation

Les observations du ministère de l'Économie contrastent avec celles du cabinet Trendeo, qui a publié début février un rapport indiquant que 2025 a connu plus de fermetures que d'ouvertures de sites industriels en France. Trendeo recense un solde négatif de -63, « qui n'avait plus été atteint » depuis 2013.

De son côté, Bpifrance estime que la réindustrialisation de la France « est sur un plateau ». Nicolas Dufourcq, directeur général de l'institution, précise cependant qu'« il faut de plus en plus d'efforts » pour maintenir cette position.

Les actions de soutien de l'État

Face à cette situation, l'État continue de soutenir l'industrie française à travers plusieurs leviers :

  1. Le maintien des dispositifs de financement nationaux
  2. L'intensification des actions au niveau européen pour défendre la compétitivité
  3. La promotion de la préférence européenne
  4. La simplification des procédures administratives
  5. Le renforcement du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF)

Le baromètre prévoit que la dynamique de création devrait se poursuivre en 2026, mais dans un environnement international toujours tendu qui nécessitera des efforts soutenus pour préserver la compétitivité de l'industrie française.

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