Un incendie dévastateur dans la nuit du 27 au 28 février 1984
Au cœur de la nuit du 27 au 28 février 1984, un violent incendie a entièrement ravagé l'usine Point à la ligne, numéro un français de la bougie décorative, située à Gradignan dans la métropole bordelaise. Cet événement tragique a marqué durablement la région et l'industrie locale.
Une usine florissante réduite en cendres
Implantée à Gradignan depuis 1979, l'usine employait plus de 130 personnes, principalement des femmes, et produisait quotidiennement 550 000 bougies de toutes formes, dont 40 % étaient destinées à l'exportation. Fondée en 1968, son activité a finalement cessé en 1990, mais l'incendie de 1984 reste un tournant dramatique.
Les dégâts matériels ont été colossaux : des machines uniques et inestimables, 12 000 litres de paraffine et un stock de 15 millions de bougies, équivalent à un mois de production, ont été réduits en cendres en quelques minutes, probablement moins d'un quart d'heure. Le bâtiment de 3 000 m², voisin du B.H.V., n'a laissé que des poutrelles et des tôles noircies, avec des vitres et une toiture en éverite éclatées en miettes, créant un sol recouvert d'une épaisse couche de paraffine fondue.
L'origine de l'incendie et l'intervention des secours
L'alerte a été donnée presque simultanément par un voisin et une patrouille de police vers 23 h 55. Les premiers secours, venus du centre de Madère à Villenave-d'Ornon, sont arrivés avant minuit, rapidement renforcés par des pompiers de trois autres centres. Malgré leur rapidité et des moyens importants, l'usine était déjà entièrement en flammes, rendant tout sauvetage impossible.
L'origine probable de l'incendie est une surchauffe dans une des trois cuves de paraffine, chauffées électriquement pour maintenir le produit liquide. Une première surchauffe avait été traitée vers 21 h 30, mais une seconde aurait provoqué l'auto-inflammation de la paraffine, propagée rapidement aux stocks de bougies. Quarante pompiers, équipés de neuf grosses lances et d'une lance à grande puissance, ont lutté en vain, avec soixante autres en relève pour protéger les environs et refroidir des citernes de gaz proches.
Les suites et l'enquête
L'incendie a été maîtrisé à 2 h 15 et déclaré éteint à 16 h 45. Une expertise judiciaire a été ordonnée par le parquet de Bordeaux, confiée à M. Lhomére, pour établir définitivement les causes, bien que l'accident soit la thèse la plus probable. Une enquête de police a également été ouverte par le commissaire Franceschi, notamment en raison d'incendies criminels récents dans la région.
La réaction de l'équipe et de la municipalité
Les fondatrices, Monique Fieschi et Myline Galhaud, rentrant des États-Unis, ont trouvé une équipe déterminée à reprendre le travail, rappelant un incident similaire en 1975 à Mérignac. Malgré la déprime initiale et les larmes des employés, le directeur Jean-Pierre Arnaud et le créateur des machines Jacques Casamayou ont envisagé de bricoler de nouvelles machines à partir des pièces récupérables, visant une reprise dans les 24 à 48 heures.
Le maire de Gradignan, M. Canivenc, présent toute la nuit malgré des chutes dans la paraffine brûlante, a immédiatement cherché un local de remplacement, démontrant un soutien municipal fort. Cette énergie collective a permis de maintenir l'espoir de relancer rapidement l'activité, soulignant la résilience face au désastre.



