Ingénieurs Arts et Métiers en immersion dans le bassin alésien
Immersion des ingénieurs Arts et Métiers à Alès

À peine sortis de prépa, les nouveaux élèves ingénieurs du campus Arts et Métiers d'Aix-en-Provence ont découvert samedi le bassin alésien. Une immersion concrète dans six entreprises pour comprendre l'industrie et imaginer leur avenir. Sam, Salma, Justine, Héloïse et Ambre ont troqué les salles de classe pour les ateliers et les machines, passant la matinée dans le territoire alésien, répartis en groupes dans six sociétés.

Une découverte concrète de l'industrie locale

Pour ces jeunes qui viennent d'intégrer le programme Grande École, la journée avait quelque chose d'inédit. « C'était la première fois que nous passions de l'aspect théorique à un aspect un peu plus pratique », racontent-ils. La matinée leur a permis d'élargir le champ des possibles. Les groupes ont découvert Capelle, leader européen des transports conventionnels et des convois routiers spéciaux, PGO et son activité automobile, Caterham Motorsport, Minet-Lansing et ses équipements pour bandes transporteuses, NTN-SNR et ses roulements, ainsi que Symétrie, aux environs de Nîmes, spécialisée dans les systèmes de positionnement de très haute précision.

Pour Féthi Ben Ouezdou, directeur du campus d'Aix-en-Provence, ces rencontres avec les entreprises doivent permettre aux étudiants de « mûrir leur projet professionnel ». L'école forme environ 1 200 à 1 300 ingénieurs par an et accueille environ 140 nouveaux élèves chaque année à Aix-en-Provence. Les chiffres d'insertion illustrent aussi cette proximité avec le monde économique : selon l'école, 60 % des étudiants signent un CDI avant même de quitter l'établissement.

Le bassin alésien, un modèle de reconversion industrielle

Le choix du bassin alésien n'est pas anodin. Pour Serge Delauney, référent Gard-Cévennes de la Société des ingénieurs Arts et Métiers, le bassin constitue un exemple de reconversion industrielle. Le pôle mécanique Alès Cévennes est aujourd'hui l'un des symboles de cette transformation. Stéphane Gorce, président de la Société des ingénieurs, veut y voir un modèle de coopération entre école, industriels, anciens élèves et collectivités. « La réindustrialisation ne se fera pas uniquement avec l'État, ni uniquement avec l'école, ni uniquement avec les industriels. Il faut que l'ensemble des partenaires jouent leur rôle », a-t-il déclaré.

L'enjeu dépasse d'ailleurs le seul bassin alésien. Arts et Métiers estime que la France manque de 25 000 ingénieurs par an. L'école, créée il y a plus de deux siècles, revendique plus de 110 000 ingénieurs formés depuis ses débuts et plus de 6 000 apprenants de tout niveau aujourd'hui.

Un message concret pour les futurs ingénieurs

Devant les étudiants, Christophe Rivenq, maire d'Alès et président d'Alès Agglomération, a résumé l'enjeu de cette venue en quelques mots. « Demain, en tant qu'ingénieur, vous allez travailler peut-être à Alès », a-t-il voulu croire, en précisant : « ici, il y a des entreprises qui vous attendent ». Pour ces jeunes tout juste sortis de prépa, le message a pris une dimension très concrète. En une matinée, ils ont découvert qu'entre les cours de mécanique, l'intelligence artificielle et les équations, il existe aussi des ateliers, des salariés, des entreprises, et peut-être un futur professionnel dans le bassin alésien.