« L’Usine retrouvée » : un documentaire sur la renaissance industrielle à Bessé-sur-Braye
Félix Besson et Ruddy Guilmin signent le documentaire poignant « L’Usine retrouvée », qui donne la parole aux anciens papetiers d'Arjowiggins, aujourd'hui reconvertis en fabricants de gants en nitrile chez ManiKHeir à Bessé-sur-Braye. Ce film capte les témoignages émouvants de ces travailleurs, comme celui qui déclare : « J’y serais encore si ça tournait encore. », évoquant avec nostalgie l'époque où l'usine papetière faisait la prospérité de la région.
De la papeterie à la fabrication de gants : une reconversion symbolique
Licenciés en 2019 lors de la fermeture définitive d'Arjowiggins, ces Sarthois ont trouvé une nouvelle vie professionnelle sur le même site historique, désormais dédié à la production de gants en nitrile à usage unique. Félix Besson, co-auteur et réalisateur, explique leur démarche : « Nous avions la volonté de raconter plus qu’une simple industrie. Nous voulions mettre en lumière une nouvelle dynamique sur le territoire. Les gens attendaient cette reprise donc on a cristallisé le récit sur ça. »
Le binôme a consacré près de deux ans à ce projet pour « saisir l’atmosphère » et recueillir les récits des innombrables anciens employés d'« Arjo », encore nostalgiques de l'opulence passée. « Leurs salaires étaient bons, ils rayonnaient dans leur sphère sociale. Le papier couché qu’ils fabriquaient était réputé. Arjo, c’était la poule aux œufs d’or pour Bessé », résume Félix Besson.
La résilience d'un territoire face à la désindustrialisation
Le réalisateur insiste sur un point crucial : la fermeture de la papeterie n'a pas sonné le glas du bourg. « Oui, il y a des vitrines vides et des rideaux baissés. Mais moins qu’ailleurs dans le département », précise-t-il. Les témoignages du documentaire révèlent également la fierté des anciens d'Arjo d'être restés sur les lieux et de contribuer à une production qui assure une certaine souveraineté économique locale.
Félix Besson s'est naturellement intéressé au parallèle avec le redressement judiciaire de Condat au Lardin-Saint-Lazare, repris par le groupe SPB. « Je pense que les situations sont analogues. Le territoire peut se relever, comme ici, avec des industries de plus petite envergure. » Il note toutefois un avantage géographique pour le site de Condat, mieux desservi que Bessé-sur-Braye : « Je pense que le site de Condat a plus d’atouts intrinsèques que celui d’Arjowiggins. »
Ce documentaire souligne ainsi la capacité des communautés à se réinventer après un choc industriel, offrant un message d'espoir pour l'avenir des régions touchées par la désindustrialisation.



