Cyclamen retrouve sa légitimité en Moselle mais affronte toujours l'opposition à Millau
La préfecture de la Moselle a officiellement levé, le 25 mars dernier, les mises en demeure qui pesaient sur la société Cyclamen, spécialisée dans le tri et la valorisation d'aluminium. Cette décision, intervenue après une injonction du tribunal administratif de Strasbourg en date du 16 mars, met fin à une période d'incertitude pour l'entreprise et marque un tournant significatif dans son développement.
Après un audit approfondi mené par les services de l'État, les autorités ont conclu à l'absence de poursuites, confirmant ainsi la conformité réglementaire complète de Cyclamen. Cette validation administrative intervient dans un contexte de forte croissance pour l'entreprise, qui a enregistré en 2025 une progression impressionnante de près de 30% de son activité.
Une croissance portée par la demande en aluminium recyclé
La performance économique de Cyclamen s'explique principalement par une demande accrue en aluminium recyclé et décarboné, fruit d'une tendance de fond pour le réemploi et l'upcycling dans l'industrie. "Cette décision reconnaît notre engagement en faveur d'une économie circulaire et notre contribution à la réindustrialisation de la France", a déclaré un porte-parole de l'entreprise, pour qui cette levée des mises en demeure représente une véritable stabilité et légitimité retrouvées.
Le représentant de Cyclamen a ajouté : "Notre objectif est de concilier performance industrielle et respect des territoires, et cette validation administrative prouve que nous sommes sur la bonne voie."
Millau : un projet qui continue de diviser
Si la situation se dénoue favorablement en Moselle, elle reste néanmoins toujours tendue à Millau, où Cyclamen prévoit l'implantation d'une nouvelle unité de tri et de valorisation. Le projet, présenté par l'entreprise comme un levier majeur pour l'emploi local et la transition écologique, suscite une vive opposition d'une partie de la population.
Les habitants réunis au sein de l'association Vigilance Environnement Millavoise (VEM) redoutent des risques environnementaux potentiels et dénoncent une absence de concertation significative. "Nous ne sommes pas opposés à l'industrie en tant que telle, mais nous exigeons des garanties solides sur l'impact réel de ce projet sur notre territoire", explique un membre du collectif, soulignant les préoccupations environnementales persistantes.
De son côté, Cyclamen assure avoir "intégré toutes les normes environnementales les plus strictes" dans son projet millavois et promet des créations d'emplois directs et indirects substantielles pour la région. L'entreprise met en avant son expertise dans le domaine du recyclage et sa volonté de participer activement à l'économie circulaire française.
La divergence de perspectives entre l'entreprise et les riverains illustre les défis complexes de l'implantation industrielle dans des territoires sensibles, où les impératifs économiques doivent composer avec les préoccupations environnementales et sociales des populations locales.



