Barigo, l'épopée oubliée de la moto française qui a conquis le monde
Barigo, la moto française qui a marqué l'histoire

Barigo, la folle aventure d'une moto française au rayonnement mondial

En 1976, dans un atelier modeste du nord des Deux-Sèvres, naissait la marque Barigo, une entreprise de motos qui allait défier les géants internationaux. Fondée par Patrick Barigault, cette aventure industrielle s'est poursuivie à La Rochelle avant de s'arrêter brutalement en 1996, laissant derrière elle un héritage précieux pour les passionnés.

Une reconnaissance internationale inattendue

Imaginez une moto française, issue de la Nouvelle-Aquitaine, qui parvient à se faire une place sur la scène mondiale. Barigo a réalisé cet exploit, apparaissant même en une de magazines spécialisés en Malaisie, en Inde, en Australie, aux États-Unis et au Japon. « En Amérique, l'ambassade recevait des appels pour contacter le constructeur », se souvient Patrick Barigault, aujourd'hui retiré dans les Deux-Sèvres et plus tourné vers les chemins de Compostelle que vers la moto.

Des succès sportifs et des espoirs déçus

La marque s'est illustrée dans les compétitions, notamment sur le Paris-Dakar, où ses châssis innovants ont permis à des pilotes comme Stéphane Peterhansel de remporter plusieurs éditions dans les années 1990. Pourtant, malgré des performances remarquables et des soutiens politiques, comme celui de l'ancien président de la Région Poitou-Charentes Raoul Cartraud, les commandes de l'État pour la police ou l'armée ne se sont jamais concrétisées.

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Une vision avant-gardiste

Patrick Barigault était un précurseur à plus d'un titre. Non seulement ses cadres en aluminium, plus légers et robustes, ont influencé l'industrie, mais il s'est aussi tourné très tôt vers l'électrique. Après la fin de Barigo, il a créé Le Loustic, un trois-roues électrique lancé en 1998, bien avant que cette technologie ne devienne une priorité nationale. « On m'a souvent dit que j'avais dix ans d'avance », confie-t-il, avec une pointe de philosophie.

Deux livres et une exposition pour raviver la mémoire

Pour célébrer les 50 ans de la marque, deux ouvrages viennent de paraître :

  • « L'Aventure Barigo. Mythe et réalité » de Thierry Cazenabe, un Charentais passionné, qui retrace l'histoire détaillée de l'entreprise.
  • « Génération Barigo », un livre de photographies signé Fabrice Berry, avec une préface de Patrick Barigault.

Parallèlement, une exposition est organisée au Salon du deux-roues de Lyon, jusqu'au 1er mars, attirant près de 180 000 visiteurs. Jack Monchanin, l'organisateur, souligne l'importance de « mettre un coup de projecteur sur cette marque qui aurait mérité tellement mieux ».

Un héritage vivant parmi les collectionneurs

Aujourd'hui, Barigo vit surtout dans les collections d'amateurs comme Thierry Cazenabe, qui conserve précieusement ces machines. Patrick Barigault, lui, a choisi de tourner la page, parcourant à pied les chemins de Compostelle pour laisser derrière lui les regrets. Il se rendra tout de même à Lyon pour rencontrer ceux qui perpétuent la mémoire de ses créations, témoignant d'une épopée industrielle unique en son genre.

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