Fortement implantée en Nouvelle-Aquitaine, la filière de l’aéronautique et du spatial français a réalisé 12 % de croissance en 2025 et 85,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Le groupement des industries françaises de l’aéronautique et du spatial (GIFAS) a présenté ses résultats pour 2025, ce mercredi. Entretien avec son délégué général, le général Frédéric Parisot.
Quel bilan 2025 pour l’aéronautique et le spatial français ?
Le GIFAS continue de grandir. Nous comptons 538 adhérents, dont 167 ETI, 230 PME et 106 start-up, pour un chiffre d’affaires de 85,6 milliards d’euros, soit un résultat en croissance de presque 12 % par rapport à 2024.
Quelles sont les parts du civil et du militaire ?
Nous réalisons 63,3 milliards pour les activités civiles et 22,3 milliards pour les activités militaires. Mais nos deux piliers affichent une croissance quasi identique : 11,9 % pour le civil et 12,1 % pour le militaire. La filière est proche des 10 ans de carnet de commandes.
« Il y a un risque significatif que la LPM ne tienne pas plus d’un an »
Les députés examinent l’augmentation de la loi de programmation militaire (LPM) de 36 milliards d’euros. Une bonne nouvelle ? Si le spatial n’est pas très bien traité, il y a de bonnes choses dans la défense sol-air, les frappes dans la profondeur notamment. Sur les Rafale, il y aura un peu moins d’avions livrés au début de la prochaine décennie, mais ils seront au standard F5, ce qui est nécessaire à la fois pour la poursuite de ses missions et pour le maintenir compétitif à l’export par rapport à la concurrence. On accueille donc cette augmentation de la LPM avec intérêt mais aussi avec prudence. Dans cette hausse, il y a le service national, les provisions des opérations extérieures qui vont augmenter… Surtout, il faudra que les commandes soient passées. Ensuite, il y a une échéance majeure dans un an avec un nouveau ou une nouvelle présidente. Que décidera le vainqueur de la présidentielle ? En attendant, il y a un risque significatif que la LPM ne tienne pas plus d’un an.
Comment se porte le spatial ? Ariane 6, le lanceur lourd européen, s’affirme…
Le spatial est en progression avec un chiffre d’affaires de 5,3 milliards d’euros, ce qui fait une progression de 10,8 %, contre 2,6 % en 2024. Cette croissance est principalement tirée par le spatial civil. Et notamment Ariane 6 qui monte en cadence très fortement et qui a réalisé son 6e vol commercial avec un sans-faute absolu.
« La filière est proche des 10 ans de carnet de commandes »
En matière de recrutement, quel bilan pour 2025 ? Il y a eu 21 300 embauches en 2025, ce qui représente 7 000 emplois nets. La filière compte en tout 230 000 emplois. Les recrutements ont progressé de 3 % sur un an, ce qui est très bon. De même, on s’en félicite, le taux de féminisation augmente. On est passé de 28 % en 2024 à 30 % en 2025.
Quelles perspectives pour 2026 ?
À ce stade, nous sommes sur 20 000 intentions de recrutement. On recherche toujours des techniciens, des opérateurs, des soudeurs, des ajusteurs, des monteurs, ces métiers sont en forte tension et en forte compétition avec le naval, le nucléaire et d’autres filières.
Quelle place pour la Nouvelle-Aquitaine ?
Avec 40 000 emplois et 500 entreprises, elle est la troisième région en termes d’écosystème industriel après Paris et Toulouse. Par contre, c’est la première région aéronautique en matière de défense et de maintien en condition opérationnelle.



