TVA Canal+ : Maxime Saada dénonce une décision politique
TVA Canal+ : Saada dénonce une décision politique

Le PDG de Canal+, Maxime Saada, a qualifié lundi sur RTL la hausse de TVA visant sa chaîne de « décision absurde, qui n'a aucun sens économique, et donc elle ne peut être que politique ». Une déclaration qui intervient alors que le gouvernement prévoit d'aligner le taux de TVA des chaînes payantes diffusant en direct (10 %) sur celui des plateformes à la demande comme Netflix (20 %).

Une mesure jugée économiquement absurde

Selon Canal+, cette réforme fiscale entraînerait une perte allant jusqu'à 200 millions d'euros par an. Pour Maxime Saada, une telle mesure ne peut être motivée par des considérations économiques. Il laisse entendre qu'elle pourrait être liée à la proximité de Canal+ avec Vincent Bolloré, actionnaire de référence du groupe, également propriétaire de CNews, sans toutefois accuser directement le gouvernement.

Le gouvernement défend de son côté une « simplification » du régime fiscal. Actuellement, les chaînes payantes diffusant leurs programmes en direct bénéficient d'une TVA à 10 %, tandis que les plateformes essentiellement à la demande, comme Netflix, sont taxées à 20 %. Le projet de loi de finances veut harmoniser ces taux.

Canal+ passe à l'offensive au Parlement

Pour contrer cette mesure, le groupe compte désormais miser sur le Parlement. « Rien n'est joué », assure Maxime Saada, qui prévoit de discuter avec les députés et sénateurs pendant l'examen du budget. En cas d'échec, Canal+ menace d'augmenter ses abonnements, de réduire ses investissements dans le cinéma et le sport, et de procéder à des suppressions d'emplois. La CFE-CGC s'est également inquiétée lundi de « restructurations », de gels de recrutements ou de suppressions de postes.

Le cinéma suit la situation avec attention. Treize organisations professionnelles ont écrit à Emmanuel Macron pour alerter sur les « conséquences dramatiques » de la réforme. Canal+ s'est engagé cet été à investir 980 millions d'euros dans les œuvres françaises et européennes entre 2028 et 2032, soit environ 196 millions par an.

Des menaces sur le cinéma et le sport

Maxime Saada oppose cette menace aux déclarations d'Emmanuel Macron sur la défense de « l'exception culturelle française ». Pour lui, augmenter la TVA reviendrait à fragiliser le principal argentier privé du cinéma français. Le sport est également monté au créneau : le rugby professionnel et d'autres diffuseurs payants craignent que le même coup de rabot fiscal ne finisse par atteindre les droits sportifs. Canal+ doit notamment verser près de 140 millions d'euros par saison au rugby professionnel à partir de 2027.

Le Parlement devra donc trancher entre « simplification fiscale » côté gouvernement et « décision politique » côté Canal+. En attendant, Maxime Saada a déjà lancé la bande-annonce : si la TVA passe à 20 %, la suite risque de coûter cher.