Dans un épisode du podcast Chaleur humaine du Monde, l'économiste Gabriel Zucman a défendu l'idée d'une taxation minimale de 2 % sur la fortune des ultra-riches afin de financer la lutte contre le changement climatique. Cette proposition, qui vise à répondre à l'urgence écologique, s'appuie sur le constat que les plus grandes fortunes contribuent disproportionnellement aux émissions de gaz à effet de serre.
Une proposition concrète pour la justice climatique
Gabriel Zucman, professeur à l'École d'économie de Paris et directeur de l'Observatoire européen de la fiscalité, a expliqué que cette taxe minimale de 2 % sur la fortune des milliardaires pourrait générer des centaines de milliards de dollars par an. Selon lui, ces recettes seraient essentielles pour financer la transition écologique dans les pays en développement, qui sont les plus vulnérables aux impacts du changement climatique.
L'économiste a souligné que les ultra-riches, dont la fortune mondiale a fortement augmenté ces dernières décennies, ont un impact environnemental bien supérieur à celui du reste de la population. Il a notamment cité des études montrant que le 1 % le plus riche de la planète émet autant de carbone que les deux tiers de l'humanité.
Un soutien politique croissant
Cette proposition n'est pas nouvelle, mais elle gagne du terrain sur la scène internationale. Gabriel Zucman a rappelé que le Brésil, qui préside actuellement le G20, a fait de la taxation des ultra-riches une priorité de son agenda. Une coordination internationale serait nécessaire pour éviter l'évasion fiscale et garantir l'efficacité d'un tel impôt.
L'économiste a également évoqué les travaux du G20 sur une taxation minimale des milliardaires, qui s'inspirent de l'accord de 2021 sur un impôt minimal de 15 % sur les bénéfices des grandes entreprises. Selon lui, une taxe minimale sur la fortune des ultra-riches serait plus simple à mettre en œuvre qu'une taxe sur la richesse, car elle éviterait les problèmes de valorisation des actifs non cotés.
Des défis techniques et politiques
Gabriel Zucman a reconnu que la mise en œuvre d'une telle taxe soulève des défis techniques, notamment en matière de déclaration des actifs et de coopération entre les États. Il a toutefois insisté sur le fait que les outils existent, comme l'échange automatique d'informations bancaires, qui a déjà permis de réduire l'évasion fiscale.
L'économiste a conclu en appelant à une mobilisation citoyenne et politique pour faire aboutir cette réforme. Selon lui, la taxation des ultra-riches est non seulement une question de justice fiscale, mais aussi un levier indispensable pour financer l'adaptation au changement climatique et la réduction des émissions à l'échelle mondiale.