TotalEnergies prolonge le plafonnement des prix, le PS réclame une taxe
TotalEnergies prolonge le plafonnement des prix, le PS réclame une taxe

Le géant pétrolier TotalEnergies tente d'éteindre la polémique sur ses bénéfices records en prolongeant le plafonnement de ses prix. Pour les socialistes, le compte n'y est pas : ils exigent une taxe de deux milliards d'euros.

Des résultats trimestriels en forte hausse

Le timing ne pouvait être plus délicat pour le groupe TotalEnergies. En annonçant un bénéfice net de 4,96 milliards d'euros pour le seul premier trimestre 2026, en hausse de 51 %, la multinationale a ravivé la polémique sur les profits directement liés à la guerre au Moyen-Orient. Mercredi, le Premier ministre Sébastien Lecornu lui-même interpellait gentiment la multinationale pour lui demander de « redistribuer d'une manière ou d'une autre » d'éventuels profits « exceptionnels ». Le pétrolier a rapidement et vivement répondu qu'il procédait déjà à une redistribution via le plafonnement des prix mis en place depuis février.

Plafonnement des prix prolongé

Face à la pression, l'entreprise a confirmé jeudi au « Parisien » son intention de « poursuivre » le plafonnement des prix à la pompe au-delà du 30 avril. Un geste salué par l'exécutif, mais jugé trop flou par ses détracteurs.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le patron du PS Olivier Faure a indiqué sur RTL que la proposition de loi visait « les entreprises qui font plus de 750 millions de chiffre d'affaires, donc les très grosses entreprises ». Dans ce texte, ces « surprofits » ou « superprofits », « que nous calculons comme un excédent de 20 % sur la moyenne des résultats des trois dernières années », seraient assujettis à une taxe « entre 20 et 40 % », a détaillé sur franceinfo Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale et député des Landes. « Et l'ensemble de ces grandes compagnies énergétiques taxées de cette manière-là, compte tenu de ce que sont ces résultats, devraient rapporter à peu près 2 milliards ».

« Une forme d'indécence »

L'initiative des socialistes intervient au lendemain de la publication par TotalEnergies de résultats trimestriels en forte hausse : 5,8 milliards de dollars (4,96 milliards d'euros) de bénéfice net, soit 51 % de plus sur un an, sur fond de flambée des prix des hydrocarbures en conséquence de la guerre au Moyen-Orient. « Il y a une forme d'indécence » à « gagner de l'argent parce que la guerre existe et parce qu'il y a des gens qui aujourd'hui en souffrent », a lancé Olivier Faure.

Pour autant, taxer les « superprofits » risquerait-il de faire fuir TotalEnergies, entreprise française qui réalise une grande partie de ses résultats à l'international ? « Je crois au civisme de Patrick Pouyanné », le PDG du groupe, a tempéré le chef des socialistes. Même si une taxe sur les surprofits est mise en place, « leurs actionnaires ne les quitteront pas parce que ce sont des entreprises qui sont très profitables », a-t-il ajouté.

« Une mesure de justice »

Boris Vallaud a de son côté évoqué le « taux effectif d'imposition sur les sociétés » auquel est soumis TotalEnergies, « qui est inférieur à ce qui est pratiqué par exemple pour nos artisans, nos commerçants et nos PME en France ». « Donc, c'est une mesure de justice d'urgence qui ne taxe pas les résultats, mais les surprofits », a-t-il ajouté. Le gouvernement s'est montré très prudent sur cette question. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a appelé, mercredi, TotalEnergies à « redistribuer d'une manière ou d'une autre » ses éventuels profits « exceptionnels ».

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale