Sarlat : Les entrepreneurs auditionnent les candidats aux municipales sur l'économie locale
Sarlat : Les entrepreneurs auditionnent les candidats aux municipales

Les entrepreneurs du Sarladais interpellent les candidats aux municipales

Dans le cadre des élections municipales de Sarlat, les trois principales associations d'entrepreneurs et de commerçants du territoire ont pris l'initiative d'organiser une série d'entretiens approfondis avec les cinq candidats en lice. L'Association interprofessionnelle du Sarladais (AIS), Avenir Sarlat et ADER Périgord ont ainsi consacré près d'un mois et demi à ces rencontres, chacune durant une heure trente, avec pour objectif de porter les préoccupations du monde économique local et d'échanger sur les projets des futurs élus.

Une volonté de dialogue renforcé entre mairie et entreprises

Loïc Chauveroche explique la démarche : « Nous souhaitons développer une communication plus simple entre la mairie et les entrepreneurs ». Cette volonté de rapprochement s'inscrit dans une logique pragmatique, illustrée par l'exemple de la gestion des déchets cité par James Chatenoud, coprésident de l'AIS, qui souligne la nécessité de « trouver des solutions pour les valoriser, les trier et les écouler ».

Les discussions ont principalement porté sur l'économie du Sarladais, son attractivité et le développement territorial. Des comptes rendus détaillés ont été adressés aux adhérents des trois associations à l'issue de ces échanges.

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Les grands thèmes abordés : industrie, fiscalité et attractivité

Le premier axe de réflexion, centré sur l'économie et l'industrie, a été introduit par Jean-René Lapié, coprésident de l'AIS. Il alerte sur « l'attractivité économique et la désindustrialisation qui n'arrête pas », tout en insistant sur l'importance des voies de communication, notamment l'axe Sarlat-Bergerac. « Ce n'est pas 'environnement ou routes', c'est 'environnement et routes' », précise-t-il, refusant toute opposition stérile entre développement et écologie.

La fiscalité locale constitue un autre point de crispation majeur. Les entrepreneurs dénoncent une taxe foncière sur les propriétés bâties « 25% au-dessus de la moyenne départementale », qualifiée d'« assourdissante ». La question industrielle reste également au cœur des préoccupations, avec le site de Rougié qui doit, selon James Chatenoud, « rester un site industriel » et non devenir « un énième site commercial ».

Jean-René Lapié s'inquiète pour l'avenir : « J'espère qu'ils (élus et futurs élus) n'ont pas fait le deuil de l'industrie dans le Sarladais. Si dans 10 ans, il n'existe plus de fleurons industriels, que devient-on ? Le tourisme seul ne permet pas aux Sarladais et entreprises existantes de vivre ».

Commerce, animation et jeunesse entrepreneuriale

Le deuxième volet des discussions a porté sur le commerce. Jérôme Negrevergne, président d'Avenir Sarlat, évoque d'abord « la gestion du domaine public » et la nécessité d'un meilleur dialogue, notamment concernant le règlement local de publicité (RLP). L'application des règles par la police municipale (parking, accessibilité, terrasses) fait également débat, avec un manque de moyens pointé en haute saison.

L'offre commerciale et la valorisation des commerces ouverts à l'année, ainsi que la question des loyers, ont été abordées. Enfin, la coordination des animations municipales interroge, certaines initiatives comme la Félibrée de juillet 2025 n'ayant pas laissé un souvenir impérissable à tous les commerçants.

Les jeunes entrepreneurs d'ADER ont, quant à eux, planché sur des sujets variés : « accès aux soins, logements à l'année, offre culturelle et événementielle, accompagnement et aide à l'implantation d'entreprises ». Pragmatiques, ils pensent aussi aux formations et à leurs débouchés, en lien avec le tissu économique local.

Présentation des trois associations mobilisées

L'AIS, créée en 1978, réunit une soixantaine de chefs d'entreprise du Sarladais, représentant 1 600 emplois directs. La structure est également devenue organisme de formation récemment.

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Avenir Sarlat, qui a succédé à Cap Sarlat il y a 13 ans, compte 160 adhérents et a élargi son rayon d'action du centre-ville à la périphérie, intégrant des acteurs de la grande distribution.

ADER (Association de développement, d'échange et de réseau), la plus récente, est née en septembre 2021. Elle regroupe 45 entrepreneurs juniors entre Salignac et Saint-Cyprien, qui salarient 340 personnes et réalisent un chiffre d'affaires de 110 millions d'euros.