Polyclinique Pau : le plan social assoupli après la pression des pouvoirs publics
Polyclinique Pau : plan social assoupli après pression publique

Un changement de cap était espéré et semble se profiler à la Polyclinique Pau Pyrénées, après une réunion entre la direction et les représentants des salariés ce mercredi 13 mai. Le haussement de ton des pouvoirs publics n'y est probablement pas étranger. Dès 9 heures, les parties se sont réunies pour la signature de l'accord de méthode relatif au plan social proposé par le groupe GBNA, propriétaire de l'établissement. Ce plan de sauvegarde de l'emploi, consécutif au placement en redressement judiciaire de la maison mère, prévoyait initialement la fermeture de la maternité et du site de Marzet, ainsi que le licenciement de 161 personnels sur 542.

Une évolution positive en vue

Après les déclarations de l'Agence régionale de santé (ARS) et de la préfecture, lundi dernier, sur la nécessité d'assurer une continuité des soins, la direction a évoqué un changement de plan social, selon Élodie Latisnère, représentante CFDT et élue au comité social et économique (CSE). L'infirmière affiche son soulagement : « Nous sommes très satisfaits de voir qu'ils suivent les pouvoirs publics. » Une nouvelle feuille de route serait en négociation entre la direction, l'ARS qui prend la situation en main, et le Centre hospitalier de Pau. Des transferts de services sont à l'étude entre les structures.

Transferts de services pour limiter les licenciements

Les métiers de la maternité sont concernés en premier lieu. Les sages-femmes, puéricultrices et auxiliaires de puériculture seront reçues par la direction pour des entretiens individuels, afin d'évoquer leurs souhaits. Elles pourraient être redirigées vers l'hôpital, en fonction des besoins. De même, les activités de rééducation du service oncologie pourraient être transférées vers l'hôpital, qui s'est positionné sur la reprise des 13 lits de la clinique.

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Concrètement, ces négociations pourraient signifier moins de licenciements que prévu, explique Élodie Latisnère. Mais malgré l'optimisme, elle rappelle que des postes seront tout de même supprimés. L'ARS s'apprête à rencontrer le groupe de radiothérapie et d'oncologie des Pyrénées (Grop) pour trouver une solution indispensable et conserver le service. Du côté des urgences, un lien interétablissement devrait se créer entre la clinique et l'hôpital.

Le « mauvais coup » de GBNA

Les employés exigent que les données économiques ayant justifié le plan social leur soient dévoilées. « Nous n'avons obtenu que des prévisions pour 2025, mais pas la situation économique d'aujourd'hui », déplore Élodie Latisnère. Ces chiffres sont réclamés avant la prochaine réunion du CSE, le 27 mai.

Le maire de Pau, Jérôme Marbot, assure que le préfet va également réclamer les chiffres. « J'ai connaissance d'un déficit dont je ne connais pas exactement la teneur. L'activité déficitaire de la polyclinique a été en partie comblée par l'ARS l'an dernier, dans l'espoir de sauver les activités. En cela, nous assistons à un mauvais coup de GBNA à l'ARS, mais cette dernière a des moyens de pression sur le groupe, dont l'ensemble des cliniques dans la région dépendent de ses agréments. » Le maire espère que la menace du bâton suffira à faire en sorte que GBNA ne fasse pas payer aux cliniques paloises des acquisitions faites ailleurs en Nouvelle-Aquitaine. « Certes, les déficits sont plus importants à Pau, mais ils doivent être traités à l'échelle de Pau », conclut-il.

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