Ubisoft en grève : trois jours de mobilisation contre la fin du télétravail et les plans sociaux
Grève chez Ubisoft contre la fin du télétravail et les économies

Grève historique chez Ubisoft : trois jours de mobilisation contre la réorganisation

À deux jours de la publication de ses résultats trimestriels, le géant français du jeu vidéo Ubisoft fait face à une grève de trois jours lancée par ses salariés. Ce mouvement social, qui débute ce mardi, vise à protester contre la quasi-disparition du télétravail et un nouveau plan d'économies drastique annoncé fin janvier.

Une mobilisation nationale et internationale

Des piquets de grève sont organisés devant les studios français de l'éditeur à Paris, Bordeaux, Montpellier, Annecy et Lyon. Les syndicats appellent également à un grand rassemblement devant le siège du groupe à Saint-Mandé en Île-de-France. Selon les organisations syndicales, d'autres studios d'Ubisoft dans le monde pourraient se joindre au mouvement, avec notamment un rassemblement prévu à Milan.

La colère monte chez les 3.800 salariés français

"Il y a de la colère", assure Pierre-Etienne Marx du Syndicat des travailleurs du jeu vidéo (STJV). Les salariés dénoncent des choix industriels désastreux et une perte de confiance dans la direction. La nouvelle organisation interne, annoncée le 21 janvier, prévoit un retour à cinq jours de travail en présentiel par semaine, avec seulement un quota annuel limité de télétravail.

Un plan d'économies de 200 millions d'euros

La réorganisation s'accompagne d'une cure d'austérité de 200 millions d'euros sur deux ans et de l'annulation de plusieurs jeux, dont le très attendu remake de "Prince of Persia: Les sables du temps". Ubisoft a également repoussé la sortie de sept autres titres.

La crainte de nouveaux plans sociaux

L'inquiétude est particulièrement vive au siège d'Ubisoft, où un projet de plan de départs volontaires de 200 personnes a été annoncé fin janvier. "C'est potentiellement le prélude à d'autres plans sociaux", s'alarme un délégué syndical CGT, qui note que les effectifs du QG ont déjà baissé de 10% en deux ans.

Des difficultés financières persistantes

Le groupe prévoit une perte opérationnelle d'un milliard d'euros pour son exercice fiscal annuel qui se termine fin mars. L'action d'Ubisoft s'est effondrée de près de 95% en cinq ans sur les marchés, plombée par des lancements de jeux en demi-teinte et des difficultés financières récurrentes.

Une restructuration mondiale douloureuse

Ces dernières années, Ubisoft a fermé plusieurs de ses studios à l'étranger :

  • San Francisco (États-Unis)
  • Osaka (Japon)
  • Leamington (Royaume-Uni)
  • Stockholm (Suède)
  • Halifax (Canada)

Le numéro un français du jeu vidéo, qui compte environ 17.000 salariés dans le monde, s'est séparé de plus de 3.000 employés ces dernières années.

La direction tente d'apaiser les tensions

Ubisoft assure multiplier "des temps d'échange et des réunions d'information" pour répondre aux inquiétudes des salariés. La direction défend son nouveau modèle opérationnel, qui prévoit à partir d'avril la création de cinq "maisons de création" spécialisées, tandis que l'autre moitié des studios servira de soutien aux différents projets.

Malgré ces efforts de communication, la grogne persiste chez les salariés, qui redoutent que "ce qui se passe à Ubisoft International risque de se passer ailleurs dans des studios en France". La grève de trois jours marque un nouveau chapitre dans les relations sociales tendues au sein du géant du jeu vidéo français.